vendredi 24 avril 2015

PASCAL BAYLON

Religieux franciscain, Saint
(1540-1592)

17 mai

Saint Pascal Baylon naquit en Espagne, le 17 mai 1540, à Torre-Hermosa, petit bourg du royaume d'Aragon. Ses parents, Martin Baylon et Isabelle Jubera, étaient d'humbles ouvriers agricoles, pauvres mais très riches en vertus chrétiennes. Dès ses premières années, sa mère qui le menait fréquemment à l'église lui apprit à adorer Jésus présent dans l'Eucharistie. Un jour il disparut de la maison… et ses parents le retrouvèrent à l'église, tout près du tabernacle, absorbé dans une ardente prière. On doit noter dès maintenant, que son ardente dévotion pour l'Eucharistie restera le trait distinctif de sa piété.
Compte tenu de leur pauvreté, quand Pascal eut sept ans, ses parents durent le placer comme berger chez un riche propriétaire, Martinez Garcia, qui fut bon envers lui. En retour, Pascal se montrait très  obéissant envers son maître. Cependant, tout en gardant ses bêtes, Pascal priait sans cesse et manifestait aussi une grande dévotion pour la Sainte Vierge. Pascal ne savait pas lire; pourtant il réussit à se procurer quelques livres de piété, qu'il se faisait lire par des personnes qu'il rencontrait. C'est ainsi qu'il réussit à apprendre un peu à lire et à s'instruire des vérités de la foi chrétienne. On raconte que, parfois, des Anges lui donnaient des leçons.
Le petit Pascal se plaisait surtout à réciter le Pater. Malgré sa grande pauvreté, il faisait l'aumône en donnant une partie de sa nourriture à ceux qui en avaient besoin. Il était le modèle aimé et respecté de tous les bergers de la contrée. Dès sa prime enfance il voulut connaître et mettre en œuvre l'usage assidu des cilices, des jeûnes, et aussi des disciplines sanglantes: ainsi, on le voyait marcher pieds nus sur des ronces ou sur des épines, en expiation de ses péchés. Son maître, qui n'avait pas d'enfant, aurait voulu faire de lui son héritier, mais Pascal ne voulait hériter que de l'amour de Dieu et de la pauvreté religieuse. Aussi, quand il eut 20 ans, ses parents étant décédés alors qu'il n'avait que 14 ans, voulut-il entrer chez les Franciscains Soccolans, dont le couvent avait été construit dans un lieu désert, près de la ville de Montforte, non loin de Valence. Mais ces Franciscains le refusèrent à cause de son manque d'instruction.
Pascal, ne pouvant entrer chez les Franciscains se plaça donc comme berger près de leur couvent afin de participer aux offices quand la cloche sonnait. Enfin, en 1564, les Franciscains l'acceptèrent comme frère convers pour y remplir la tâche de portier. Petit rappel: les Franciscains soccolans ou Alcantarins, vivaient la réforme des Francisains observants, faite par Pierre Garavito dit Pierre d’Alcantara.
Pascal, portier, pratiquait une charité exceptionnelle, jusqu'à encourir les reproches de ses supérieurs. Tout le monde constatait sa disponibilité et sa bonne humeur permanentes. Curieusement, malgré son ignorance, beaucoup de gens venaient lui demander conseil, même des prédicateurs qui estimaient que sa théologie était celle du cœur et non pas d'ordre  intellectuel. Sobre dans sa nourriture, assidu à la prière, il avait une telle autorité et possédait à un si haut degré la faveur de tous ceux qui l'environnaient, qu'il réglait leurs différends, éclairait leur ignorance et stimulait leur mollesse; en sorte que tous l'honoraient et l'aimaient comme leur père et leur maître, et que la plupart d'entre eux avaient déjà coutume de l'appeler le Bienheureux.
Parallèlement, frère Pascal passait de longs moments en adoration devant l'Eucharistie, plongé dans une profonde extase. Pascal prononça ses vœux perpétuels le jour de la Purification de la sainte Vierge de l'an 1565, n'ayant pas encore vingt-cinq ans. L'idéal qu'il se proposait était d'avoir "pour Dieu un cœur de fils, pour le prochain un cœur de mère, et pour lui-même un cœur de juge."
Quand il changeait de couvent, conformément à la coutume de son ordre, Pascal était généralement chargé, là où il arrivait, de la porterie et du réfectoire. Affable, discret, vigilant et actif, il ne se plaignait jamais. Comme portier, il distribuait aux pauvres les restes des repas des religieux. Mais, voulant que cette aumône fût aussi une alimentation spirituelle, Pascal priait avec eux avant et après chaque repas. Parfois Pascal devait remplir l'office de quêteur. Alors, sa première visite en arrivant dans un village, était saluer l'hôte divin du tabernacle. Quand le soir il rentrait au monastère, épuisé de fatigue, il consacrait une partie de la nuit à l'adoration du Très Saint-Sacrement.
Mais voici qu'un jour, Pascal Baylon reçut l'ordre d'aller en France, auprès du général de son ordre, Christophe de Cheffontaines.  En effet, le général de son ordre, étant à Paris, Pascal fut député vers lui pour les affaires de sa province. Il partit donc pour la France malgré les dangers suscités de la part des huguenots, maîtres de presque toutes les villes qu'il lui fallait traverser. Les guerres de religion faisaient alors rage en France… Un jour, il reçut à l’épaule une blessure dont il souffrit tout le reste de sa vie. Deux fois il fut arrêté comme espion et menacé de mort. Mais Dieu le délivrait toujours.
Sa mission terminée, Pascal rentra en Espagne et finit sa vie au couvent Notre-Dame-du-Rosaire, à Vila-real, près de Valence. Un jour, au cours du Saint Sacrifice de la Messe, Dieu lui révéla sa mort prochaine. Quelques jours après, il tomba gravement malade. Transporté à l’infirmerie, il y reçut les derniers sacrements et il mourut en prononçant le nom de Jésus. C'était le dimanche de la Pentecôte, l7 mai 1592, pendant la Consécration, dans la chapelle du couvent. Pascal Baylon avait 52 ans.
Les nombreux miracles, accomplis près du sépulcre du Frère Pascal, attirèrent de grandes foules. Le 29 octobre 1618, le pape Paul V le béatifia, et le 16 octobre 1690, Alexandre VIII le canonisa. Il fut proclamé patron des Congrès Eucharistiques, le 28 novembre l897, par Léon XIII. Nous devons malheureusement ajouter que, le 13 août 1936, sa tombe fut profanée par les communistes espagnols qui brûlèrent sa dépouille toujours intacte. Les ossements calcinés furent recueillis et déposés dans une nouvelle châsse le 3 juin 1952.
Nous savons que Pascal Baylon avait une grande dévotion envers la Sainte Eucharistie; nous savons qu'il passait de longues heures devant le Tabernacle; parfois on le voyait suspendu en l'air par l'effet du divin amour. Quand il ne pouvait pas être présent devant le Très Saint-Sacrement, il y était en esprit. Par ailleurs, consacré, dès sa jeunesse, à la Vierge Mère de Dieu dont il s'était fait l'humble serviteur, Pascal honorait Marie comme sa mère par des hommages journaliers et il s'adressait à elle avec toujours une totale confiance.
Son obéissance religieuse était aussi parfaite que possible. Quand il était maltraité par son supérieur, il disait à ceux qui le plaignaient:
— Taisez-vous: le Saint-Esprit a parlé par la bouche de notre supérieur.
Et quand on lui proposait de faire quelque chose, il disait souvent:
— Je ferai comme l'obéissance dira.
Comme conclusion, nous pouvons prier saint Pascal Baylon de daigner intercéder auprès de Dieu pour nous qui ne sommes pas toujours empressés à suivre les traces de notre Rédempteur et qui n'avons pas assez l'espérance d'être réunis à Lui dans son éternité. Que saint Pascal Baylon soutienne notre faiblesse, et nous obtienne assez d'amour pour que nous puissions aller à Jésus, pour que nous soyons transformés en Jésus ressuscité, qui ne peut plus mourir. Les prémices de cette transformation sont déjà en nous par la communion au mystère pascal; que nous les complétions par notre fidélité à toujours aimer Dieu et notre prochain.

Paulette Leblanc

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire