lundi 27 avril 2015

NICOLAS ROLAND

Prêtre, Fondateur, Bienheureux - 1642-1678

27 avril
Nicolas Roland naquit le 8 décembre 1642, à Baslieux-les-Reims, petite ville située à 9 km de Reims. Son Père, Jean-Baptiste Roland fut d'abord commerçant d'étoffes, puis devint commissaire aux guerres. C'était, en France, la terrible époque de la Fronde. En 1650, Nicolas entra au Collège des Jésuites de Reims. Il fut vite attiré vers le sacerdoce et, en 1653, il reçut la tonsure de l'évêque Mgr du Pouy.
Quand il eut achevé ses études secondaires, Nicolas Roland voyagea à travers la France et mena une vie mondaine. Mais, en 1660, il se rendit à Paris pour continuer ses études de philosophie et de théologie. Là, il fréquenta une communauté de jeunes passionnés de Jésus-Christ, autour du Père Bagot, jésuite; il fréquenta aussi la société de Saint Vincent de Paul. Il devint diacre en 1664, et fut ordonné prêtre le 3 mars 1665. Le jour de l’Assomption 1665, Nicolas Roland fut nommé chanoine théologal, en la cathédrale de Reims, en raison de ses talents d’orateur. Il avait 22 ans.
En 1666, pour mener une vie de pauvreté et de charité, Nicolas prit contact avec le séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet où officiait son oncle, et s'y forma à la spiritualité d'Adrien Bourdoise, fondateur de la Communauté de Saint-Nicolas-du-Chardonnet, et à celle de Jean-Jacques Olier. C'est là qu'il connut le Mouvement de rénovation du clergé français, qui voulait mettre en œuvre la réforme demandée par le Concile de Trente. Nicolas sentait l’urgence de fonder une communauté d’apôtres consacrés, qu’il enverrait deux par deux à travers les villes et les campagnes à la rencontre des jeunes et des familles: ce travail pastoral et paroissial se poursuivra après sa mort. En 1672, Nicolas Roland rencontra le jeune rémois, Jean-Baptiste de La salle. Ils s'encourageaient mutuellement et se rencontraient régulièrement, au séminaire de Saint-Sulpice, à Paris où résidait Jean-Baptiste.
Nous savons que la France était alors ruinée par la Fronde et par les guerres. Très vite, Nicolas Roland fut bouleversé par la misère des plus pauvres. Le sort des enfants le préoccupait particulièrement. Il prit d'abord en charge un groupe d’orphelins, aidé par deux religieuses que le Père Barré de Rouen lui avait envoyées. Cette maison des orphelins deviendra la maison du Saint Enfant-Jésus en décembre 1670. Une nouvelle congrégation naissait: la Congrégation du Saint Enfant Jésus de Reims, communauté de religieuses vouées à l’éducation des orphelins et enfants pauvres. Nicolas Roland peut être considéré comme le précurseur de Saint Jean-Baptiste De La Salle, dont il fut d'ailleurs, le directeur de conscience. Malgré les problèmes matériels et administratifs, Nicolas Roland ouvrit plusieurs écoles gratuites dans différents quartiers. Ainsi, le 13 juillet 1673 il ouvrit la première école dirigée par les sœurs. L'année suivante, il fit don de tous ses biens à la jeune congrégation et multiplia les activités en faveur des nécessiteux; il se rendit à Paris pour faire reconnaître, mais en vain, la communauté.
Cependant, ouvrir des écoles ne lui suffisait pas. À Paris, il se replongea dans le climat des communautés de Saint Nicolas du Chardonnet et de Saint Sulpice. De là, il se rendit à Rouen auprès du Père Barré et de Monsieur de la Haye, curé de Saint Amand; ces deux prêtres marqueront d’une façon décisive sa vocation apostolique. Il resta six mois à Rouen, vivant dans la pénitence et la pauvreté.
Une nouvelle étape allait s'ouvrir pour Nicolas Roland: nous avons vu plus haut que, tout en continuant la formation des prêtres, il voulait aussi soulager les enfants pauvres, les éduquer et leur annoncer Jésus-Christ. De retour à Reims, il partagea son toit avec un groupe de jeunes clercs afin de les former au sacerdoce. Il remplissait ainsi ses fonctions de théologal: prédication et enseignement. Mais il voulait élargir son champ d’action: aller vers les gens et toucher leurs cœurs. Il se fit donc prédicateur du peuple et, répondant aux demandes de ses confrères, il parcourut une bonne partie du diocèse. Qu'était son éloquence apostolique? Parler simple pour parler à tous.
Encouragé par son ami, Monsieur de Renty, Nicolas partit en pèlerinage au Carmel de Beaune pour se vouer d’une façon toute particulière au mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu, spécialement en son Enfance. Puis, pour obtenir enfin, les lettres patentes qui reconnaîtraient la Congrégation de L'Enfant-Jésus, Nicolas Roland passa tout l’hiver 1678 à Paris. Il rentra à Reims en avril pour assister à l’ordination de son jeune cousin, ami et disciple Jean-Baptiste de la Salle à qui il avait communiqué sa flamme. Mais le 19 avril, Nicolas Roland tomba gravement malade. Il confia alors à St Jean-Baptiste de la Salle, la mission de mener à bien la reconnaissance de la communauté de l’Enfant-Jésus Il lui demanda également de soutenir moralement les sœurs qui étaient de plus en plus nombreuses. Le 23 avril, il rédigea son testament, dans lequel il exprimait son souhait: que Jean-Baptiste de La Salle et Nicolas Rogier prennent en charge l'Institut.
Nicolas Roland mourut le 27 avril 1678. Il fut béatifié à Rome par le pape Jean-Paul II, le 16 octobre 1994.
Paulette Leblanc

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