vendredi 24 avril 2015

MARIA GABRIELLA SAGHEDDU

Religieuse, Bienheureuse
(1914-1939)
23 avril


Maria Sagheddu naquit à Dorgali, village situé sur la côte orientale de la Sardaigne, le 17 mars 1914, dans une modeste famille de bergers. Elle était le 5ème enfant d'une famille de huit. Son père Marcantonio Sagheddu, qui mourut en 1919 alors que Maria n'avait encore que cinq ans, et sa mère, Caterina Cucca étaient de fervents chrétiens qui surent donner à leurs enfants le sens de l'amour et de la vraie crainte de Dieu. Maria était une enfant joyeuse, mais d'un caractère très affirmé, obstiné, exigeant et impatient. Sa première Communion ne modifiera pas son comportement. D'une nature étonnamment vivace, elle s'absorbait facilement dans la lecture et dans les jeux de cartes, et la piété n'était pas son fort…
Maria se révéla très intelligente à l'école; elle excellait surtout en arithmétique. Malheureusement,  à la fin du cours élémentaire, elle dut abandonner l'école pour aider à la maison. Elle s'y montra sérieuse et dotée d'un grand sens du devoir, compte tenu de la pauvreté de sa famille, et cela malgré son mauvais caractère car elle ne supportait pas qu'on lui fasse des remontrances. Consciente de ses défauts, elle refusa d'abord d'entrer dans les mouvements de jeunes de sa paroisse, car elle ne se sentait pas prête à assumer d'éventuels engagements.
En 1932, la sœur de Maria, Giovanna Antonia qui n'avait que 16 ans, mourut. Or Maria aimait beaucoup cette sœur souvent malade et qu'elle avait entourée de ses soins affectueux. Maria réfléchit alors au sens qu'elle devrait donner à sa propre vie. Elle comprit que la religion était surtout la rencontre avec Quelqu'un, le Christ qui conduit au Père. Dès lors, Maria accepta d'être membre de l'Action Catholique, et sut donner une partie de son temps au service  des malades et des personnes âgées. Peu à peu son caractère se transforma, s'adoucit et elle devint même patiente voire méditative.
Quand elle eut atteint 21 ans, Maria entra à la Trappe de Grottaferrata, commune située dans la province de Rome; c'était le 30 septembre 1935. Ce couvent cistercien de la stricte observance, de fondation récente était très pauvre. Marie reçut le nom de Sœur Maria-Gabriella, et malgré ses craintes de ne pas être acceptée, à cause de son caractère, elle fut admise à la profession et à l'émission des trois vœux de sa congrégation: obéissance, conversion de vie et stabilité, pour trois ans, le 31 octobre 1937, fête du Christ-Roi. Elle écrivit à sa mère: "Maintenant je suis certaine d'habiter pour toujours dans la maison du Seigneur, et à cause de cela, ma joie est immense." En janvier de cette même année 1937, était parvenu à la Trappe de Grottaferrata le livret de la "Semaine de prières pour l'Unité des Chrétiens" publié par l'abbé Paul Couturier, prêtre français, grand apôtre de l'Unité. Avec insistance, ce prêtre demandait la prière des moniales pour que se réalisât "l'Unité des Chrétiens, comme Dieu la voulait, par les moyens qu'Il voudrait". Une moniale âgée avait offert sa vie pour cette cause et était décédée un mois plus tard. Pour la remplacer, Maria s'offrit totalement à Dieu afin que l'Église retrouve son unité et que les chrétiens désunis reviennent au Christ. Immédiatement après son offrande, Sœur Maria-Gabriella, qui jusque là avait bénéficié d'une excellente santé, tomba malade de tuberculose ce qui la conduira à la mort après quinze mois de souffrances.
Le soir du 23 avril 1939, Sœur Maria Gabriella termina sa longue agonie, dans l'abandon total à la volonté de Dieu. Son corps fut  retrouvé intact lors de la reconnaissance de 1957. Sœur Maria Gabriella fut béatifiée le 25 janvier 1983, par le pape Jean Paul II, 44 ans après sa mort, dans la basilique de Saint Paul hors les murs. Le pape Jean-Paul II, dans son encyclique Ut unum sint  (qu'ils soient un), du 25 mai 1995, et afin de montrer que la collaboration de tous était nécessaire, écrivit: "Pour réaffirmer cette nécessité, j'ai voulu proposer aux fidèles de l'Église catholique un modèle qui me paraît exemplaire, celui d'une sœur trappistine, Marie-Gabrielle de l'Unité, que j'ai proclamée bienheureuse le 25 janvier 1983. Sœur Marie-Gabrielle, appelée par sa vocation à être en dehors du monde, a consacré son existence à la méditation et à la prière centrées sur le chapitre 17 de l'Évangile selon saint Jean, et elle a offert sa vie pour l'unité des Chrétiens. Voilà ce qui est au centre de toute prière: l'offrande totale et sans réserve de la vie au Père, par le Fils, dans l'Esprit Saint. L'exemple de sœur Marie-Gabrielle nous instruit, il nous fait comprendre qu'il n'y a pas de moments, de situations ou de lieux particuliers pour prier pour l'unité. La prière du Christ au Père est un modèle pour tous, toujours et en tout lieu."
Notons que Maria-Gabriella, malgré son mauvais caractère, était très appréciée de ses sœurs en raison de sa grande disponibilité. Elle écrivit à sa mère: "Bien que je sois misérable et une indigne créature qui n'a rien fait d'autre que l'offenser, Jésus ne m'a pas rejetée, mais accueillie dans son Cœur. Lui, mon Créateur, n'a pas dédaigné de m'appeler son épouse... Il a voulu faire de moi l'objet de sa miséricorde. Quand je pense à cela, je suis confondue, voyant le grand amour de Jésus et mon ingratitude et ma non-correspondance à sa prédilection..."

Paulette Leblanc

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