vendredi 24 avril 2015

FRANÇOIS DE MONTMORENCY-LAVAL

Évêque, Saint
(1623-1708)

6 mai

François de Montmorency-Laval, ou Monseigneur de Laval, naquit  en France, le 30 avril 1623, à Montigny-sur Avre, en Eure-et-Loir. Il était le fils de Hugues de Montmorency-Laval, Seigneur de Montigny, et de Michelle de Péricard. Membre de la haute noblesse française, sa famille était apparentée à la famille royale et avait ses entrées à la cour. En effet, Hugues de Montmorency-Laval était un descendant du baron de Montmorency qui était un contemporain de Hugues Capet, roi de France, fondateur de la dynastie capétienne. Les Montmorency étaient dits: "premiers barons du royaume." Pourtant, appartenant à la branche cadette des Montmorency-Laval, les Laval-Montigny n'utilisaient pas le nom de Montmorency. C'est pourquoi François, signera toujours "François de Laval", même quand il sera devenu prélat.
Membre d'une famille de six enfants, François de Laval fit ses études secondaires au collège des Jésuites de la Flèche, dans la Sarthe, collège créé en 1604, à la demande de Henri IV, après le retour, en France de la Compagnie de Jésus. Il sera ordonné prêtre le 1er mai 1647. Ayant rencontré à La Flèche des Jésuites missionnaires, dont les Père Ennemond Massé et Gabriel Lallemant, tous les deux futurs martyrs, François de Laval était attiré par les missions. Avec lui, François de Laval, archidiacre d’Évreux, François Pallu, chanoine de Saint Martin de Tours et Pierre Picques, bachelier en théologie de la Faculté de Paris, furent choisis pour aller dans les pays lointains au Siam et au Tonkin comme vicaires apostoliques. Or, en février 1653, le Père Alexandre de Rhodes qui, arrivé à Paris le 27 janvier 1653, avait rencontré les milieux proches de la compagnie du Saint-Sacrement, visita le groupe de jeunes prêtres, "Les Bons amis", fondé par le Père Bagot, groupe dont François de Laval faisait partie depuis 1647.
La congrégation "de Propaganda" à Rome, fondée en 1622, voulait envoyer des évêques "in partibus" dans certains pays de mission, notamment en Nouvelle-France. En effet, pour des raisons politiques, les évêques souhaités pour la Nouvelle-France ne pouvaient pas, officiellement, porter le nom d'évêques, mais de vicaires apostoliques. Ces vicaires apostoliques seraient chargés par le pape d’aller organiser un clergé local en Amérique septentrionale. Sur les conseils du Père de Rhodes, Rome opta pour des candidats français. Le 26 janvier 1657, à la demande des Jésuites, le roi Louis XIV désira que François de Laval soit nommé en Nouvelle-France, et non au Tonkin comme cela avait été prévu antérieurement. François de Laval fut donc nommé évêque de Pétrée, aujourd’hui Pétra en Jordanie, le  11 avril 1658. Le 8 décembre 1658, il fut nommé "vicaire apostolique de la Nouvelle-France" et sacré "évêque in partibus de Pétrée", à Paris. Il arrivera à Québec le 16 juin 1659, après son débarquement à Percé le 16 mai 1659. Le vicaire apostolique profitera de ce passage à Percé pour célébrer sa première messe en Nouvelle-France et confirmer 140 personnes, dont 55 autochtones. Très vite, il commencera son immense tâche.
Lorsque François de Montmorency-Laval arriva à Québec en 1659, l'actuelle province de Québec faisait partie d'un ensemble très vaste, qu'on appelait le Canada ou la Nouvelle-France. Ce territoire s'étendait de la Baie d'Hudson et des rives du fleuve Saint-Laurent, à la Louisiane et à l'Acadie, jusqu'au Mississipi aux États-Unis. À peine arrivé à Québec, François constata les effets désastreux de l'eau-de-vie que les Amérindiens consommaient abondamment. Ces boissons alcoolisées étaient importées de France et échangées contre des fourrures. Mgr de Laval s'interposa: les marchands devinrent furieux et des bagarres éclatèrent. Alors, Mgr de Laval excommunia les chrétiens qui continuaient ce commerce. Il dut affronter la colère de notables et même de certains gouverneurs. Marie de l'Incarnation écrivit à son fils bénédictin, Dom Claude Martin: "Mgr notre prélat est très zélé pour ce qu'il croit devoir augmenter la gloire de Dieu." Cette lutte contre la vente de l'eau-de-vie durera vingt ans!
Mgr de Laval fonda la communauté des prêtres du Séminaire de Québec le 26 mars 1663, et en 1668, le Petit Séminaire de Québec, lequel deviendra en 1765, après le traité de Paris de 1763 qui donnera le Canada aux anglais, un collège ouvert à tous. François de Laval considérait toutes ses paroisses comme des missions et les prêtres qui les desservaient comme des missionnaires. Il désirait que son clergé soit mobile et disponible en tout temps pour le ministère auprès des fidèles. En 1674, le diocèse de Québec était créé et Mgr de Laval en devint le premier évêque. Son diocèse incluait tous les territoires français et les régions non explorées par les européens en Amérique du Nord.
En 1685, Mgr de Laval démissionna de son poste d’évêque de Québec, se retira au Séminaire de Québec et se mit au service du nouvel évêque, Jean-Baptiste de la Croix de Chevrières de Saint-Vallier qui lui succéda en 1688. Il mourut à Québec vingt ans plus tard, le 6 mai 1708, à l'âge de 85 ans. Il laissait derrière lui une œuvre importante et l'image d'un homme infatigable, totalement dévoué à sa tâche, parcourant dans des conditions souvent très difficiles son immense diocèse pour visiter les fidèles chez eux. Il fut déclaré bienheureux par le pape Jean-Paul II le 22 juin 1980, et canonisé par le pape François le 3 avril 2014.
Mgr François de Laval a vécu une vie de foi caractérisée par un abandon total à la divine Providence et un détachement prononcé de tous les biens terrestres, détachement qu'il considérait comme l'idéal évangélique. Dans tous les événements de sa vie François de Laval recherchait leur signification spirituelle soit pour son œuvre pastorale, soit dans son itinéraire spirituel personnel.
C'est le séminaire de Québec qui a formé les écrivains, les penseurs, et les chefs politiques et religieux ayant permis au Canada de rester debout après la conquête anglaise. Les paroisses restèrent groupées autour de leurs pasteurs, comme le leur avait appris l'évêque de Québec qui a bien mérité, estiment les Canadiens, son titre de "Père de la Patrie".
Paulette Leblanc

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