mercredi 27 février 2013

ROSENDO DE DUME


Évêque, Saint – 1 mars
907-977

Cette grande figure de l’Église Ibérique, Rosendo de Dume, naquit à Santo Tirso, non loin de Porto, au Portugal, le 26 novembre 907 au sein d’une famille prestigieuse. Voyons plutôt :

Il était l’arrière-arrière petit-fils de Ramire I d’Oviedo (+ 850), l’arrière petit-fils du comte Gatón del Bierzo ― qui fut l’initiateur du repeuplement de la région d’Astorga (854), petit-fils d’Herménégilde Gutierrez, conqué-reur de Coimbra (878) et enfin cousin-germain du grand Ramire II de Léon (+ 951).

Avec une telle “lignée” il n’est pas étonnant qu’il ait été nommé évêque de Mondoñedo en 925, alors qu’il n’avait que dix-huit ans. Toutefois, cette jeunesse ne fut pas un handicap, ni un empêchement, dans la suite des temps, à ce qu’il devienne l’un des plus grands serviteurs de l’Église de son temps.

Rappelons que ce fut lui le fondateur de la grande abbaye de Celanova et qu’il finit sa vie comme évêque du diocèse de Saint-Jacques de Compostelle, dont la cathédrale était déjà bien fameuse (968-977). Il est bon de savoir également qu’à la famille de ce saint évêque étaient liés rien moins que dix rois et sept évêques, ainsi qu’une bonne partie des plus importantes figures du royaume, entre les années 850 et 1000.

Ce grand saint ibérique est considéré portugais, par les portugais, à cause du lieu de sa naissance, même si la région ne s’appelait pas encore condé du Portugal, mais surtout parce qu’il fut évêque de Dume, non de loin de Braga, qui deviendra plus tard l’un des plus importants sièges épiscopaux de la péninsule ibérique.

Les espagnols, particulièrement les galiciens, quant à eux, le considèrent comme un saint espagnol, non seulement parce qu’il a fondé l’abbaye de Celanova, qui est située en Galice, mais aussi parce qu’il fut, comme nous l’avons dit, évêque de Saint-Jacques de Compostelle, vers où convergeaient déjà des pèlerins de toutes les parties de la vieille Europe.

Selon un historien espagnol Rosendo de Dume fut le seul évêque du haut moyen-âge à bénéficier d’une vraie biographie écrite par un moine de l’abbaye de Celanova qui vécut dans la seconde moitié du XIIe siècle et qui s’appelait Ordoño. Ce moine se servit, en effet, de nombreux documents recueillis, pendant des années, par les moines de la célèbre abbaye.

On sait encore qu’encore enfant, Rosendo qui “présentait déjà des signes d’un caractère singulier”, fut mit sous la direction spirituelle de son grand-oncle, évêque de Sabarico (906-924), très probablement quand celui-ci avait la charge pastorale du diocèse de Mondoñedo, diocèse auquel était lié alors celui de Dume.
Ce fut là aussi que le jeune Rosendo reçut l’instruction littéraire, et ensuite, l’instruction ecclésiastique, administrée par des moines lettrés et d’une haute probité spirituelle.
Lors du décès de son grand-oncle, en 924, Rosendo qui avait déjà gravit tous les échelons ecclésiastiques, fut nommé évêque de Mondoñedo, en 925, alors qu’il n’avait, comme nous l’avons dit, que dix-huit ans. Cela est arrivé pendant le règne éphémère de Fruelle II (924-925).
Les premiers mois de son pontificat — c’est un auteur espagnol qui raconte — coïncidèrent avec le conflit très âpre qui, après la mort de Fruela II, se déroula entre les fils du roi et ceux d’Ordoño II, pour la possession du royaume.

Finalement ces derniers se sont imposés et l’un d’eux, Sancho Ordoñez, monta sur le trône en 926 et devin roi de Galice. Celui étant mort sans enfants, le royaume revînt alors à Alphonse IV de Léon, lequel abdiqua peu après en 931, en faveur de son frère, Ramire II (931-951), lequel résidait alors à l’intérieur de l’actuel Portugal en un lieu que ne précise l’auteur espagnol, entre Viseu et Coimbra.

Mettant maintenant de côté ces notes historico-politiques, revenons à notre Saint, alors qu’il entre dans sa quarante-troisième année et a déjà derrière lui vingt-quatre années de pontificat sur le diocèse de Mondoñedo.

En ce temps-là et, à la suite d’une grande assemblée qui s’est réunie à Léon en 950, un autre évêque fut choisi pour le diocèse de Mondoñedo, Rosendo se retira alors dans l’abbaye de Celanova qu’il avait fait construire, comme nous l’avons déjà signalé. Toutefois, le nouvel évêque ne semblait pas posséder les capacités nécessaires pour s’occuper d’un aussi important diocèse et Rosendo dût revenir et s’occuper de son ancien diocèse et de celui de Dume, également. Il continuait d’assister à toutes les assemblées réunies pour la nomination de nouveaux évêques pour les diocèses du royaume. Cela arriva, avec certitude, en 956, 958 et 959, comme le prouvent les documents d’archives.

Dès que cela lui fut possible, Rosendo retourna dans la solitude de l’abbaye de Celanova et s’y donna tout entier à la prière et à la méditation. Mais, malheureusement pour lui, cette retraite fut de courte durée, car en 968 il fut de nouveau appelé à exercer ses fonctions épiscopales, mais cette fois-ci à Saint-Jacques de Compostelle, où il resta jusqu’à sa mort.

Le 17 janvier 977, se trouvant probablement malade et cette maladie lui paraissant grave, il rédigea son testament où il démontre non seulement sa loyauté envers la dynastie régnante, mais aussi sa préoccupation envers sa chère abbaye de Celanova, où il mourra trente-deux jours plus tard, le 1er mars 977.

L’auteur espagnol déjà cité, affirme encore avec assurance, dans son long et très intéressant article sur le Saint évêque que celui-ci “a étudié, comme cela se faisait alors, l’œuvre féconde de saint Isidore de Séville (601-636), ainsi que les œuvres des autres primats de Tolède, saint Julien et saint Ildefonse”.

On conserve encore, à S. Miguel do Couto, non loin de la ville de Porto, les fonts baptismaux où saint Rosendo reçut le baptême, alors qu’à Celanova il existe encore de nos jours une chapelle “authentique joyau de l’art préroman espagnol du Xe siècle”.

Peu importe que saint Rosendo soit portugais ou espagnol — les saints n’ont d’autre patrie que le ciel! — ce qui importe le plus, c’est de suivre l’exemple de spiritualité profonde et de don de soi à Dieu, et de recourir à son intercession lors des demandes que nous adressons à Dieu.

Alphonse Rocha

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