mercredi 13 avril 2011

MADDALENA DI CANOSSA

Religieuse, Fondatrice, Sainte
1774-1855

10 avril

Notre sainte est une descendante de la célèbre Mathilde de Canossa, toute dévouée à la cause du pape, qui reçut en son château de Canossa le futur empereur Henri IV allant…“à Canossa”, pour faire amende honorable devant le pape Grégoire VII (“querelle des investitures” - 1077).

Maddalena (Madeleine) de Canossa naît en 1774 à Vérone. Dès son enfance les épreuves ne lui manquent pas: mort de son père, remariage de sa mère, traitements rudes de la part d’une gouvernante française, maladie. À partir de 17 ans, elle fait deux essais chez les Carmélites, mais ce n’est pas sa vocation. De retour chez elle, elle se montre une excellente administratrice de sa maison. Un jour, elle reçoit Napoléon en son palais de Vérone. La pureté de sa vie comme la modestie de son allure font grande impression sur celui-ci et il parle d’elle comme d’un ‘ange’. (Elle obtiendra de lui la cession d’un ancien couvent pour son institut). La période révolutionnaire et les troubles de l’époque engendrent bien des malheurs sociaux ; elle-même, chassée de chez elle, aboutit à Venise. Elle y visite les hôpitaux. De retour à Vérone, elle continue les mêmes visites et c’est pour elle un choc. Dans l’homélie de canonisation, Jean-Paul II déclare : «Lorsqu’elle se rendit compte des plaies effrayantes que la misère morale et matérielle répandait parmi la population de sa ville, elle comprit qu’elle ne pouvait aimer son prochain “en grande dame”, c’est-à-dire en continuant à jouir des privilèges de son milieu social, se limitant à distribuer des biens, sans se donner elle-même. La vision du crucifix l’en empêchait… Des choix s’ensuivirent, paraissant à ses proches comme des “scandales” et des “folies” (1Co 1,23). À qui se montrait surpris, elle répondait : “Le fait d’être née marquise m’empêcherait-il d’avoir l’honneur de servir Jésus-Christ dans ses pauvres ?”»

Son activité caritative s’étend à toutes sortes de pauvretés, économiques tout autant que morales, liées à la maladie ou à l’ignorance. Poussée par la charité, cette jeune femme, avec toute son énergie ainsi qu’avec tous ses biens, aide de nombreuses familles dans le besoin, assiste des enfants abandonnés et de jeunes délinquants, reçoit les pauvres qui frappent tous les jours à la porte de son palais, et rend visite à ceux qui vivent dans des masures et des baraques. Cette fièvre de charité qui la dévore est due à son amour brûlant pour Jésus et Jésus crucifié. Puis, avec quelques compagnes, elle part de chez elle, malgré l’opposition de son milieu, pour aller vivre dans les faubourgs les plus pauvres de Vérone. Le 8 mai 1808, elle fonde les Filles de la Charité. Leurs activités embrassent cinq domaines : scolarisation gratuite des enfants pauvres, catéchèse, visite des hôpitaux, spécialement des femmes malades, soutien du clergé (par exemple: organisation de retraites), ‘exercices spirituels’ pour les dames de la noblesse, afin de les inciter à la charité, et ensuite pour toutes celles qui le désirent. Le 23 décembre 1828 elle obtient l'approbation pontificale de l'Institut des Filles de la Charité, lesquelles étaient déjà présentes également à Venise, Milan, Bergame et Trente. La fondatrice mène une vie très mortifiée, exemple vivant pour ses sœurs. Pour compléter la famille canossienne, l'Institut des Fils de la Charité commence le 23 mai 1831 à Venise, car dès le début, elle avait conscience que cette branche masculine était nécessaire. Elle prépare d’autres implantations de son institut, quand la mort la surprend en 1835. Après elle, l’institut continuera de s’accroître et de s’étendre. «En Madeleine de Canossa, la loi évangélique de la mort qui donne la vie trouve ainsi une nouvelle et lumineuse réalisation» (Jean-Paul II).

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