mardi 5 avril 2011

IRÉNÉE DE SYRMIUM

Évêque, martyr et saint
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6 avril

Sous le règne de Dioclétien et de Maximien, les chrétiens, en d'innombrables combats, soutenaient pour la gloire de Dieu avec dévouement et courage les supplices infligés par les tyrans et acquéraient ainsi les récompenses éternelles. Parmi eux, fut Irénée, évêque de Sirmium, dont on va raconter, la lutte et la victoire. Il était digne de son nom par sa modestie profonde et la crainte divine qui inspirait et guidait tous ses actes.
Il fut traduit devant Probus (gouverneur de la Pannonie Inférieure), qui lui dit : « Obéis aux divins édits et sacrifie aux dieux. »
L'évêque : Quiconque sacrifie aux dieux et non à Dieu sera anéanti.
Les très cléments princes laissent le choix, sacrifier ou mourir par la torture.
— Mon devoir est d'accepter les tortures plutôt que de renier Dieu en sacrifiant aux démons.
— Sacrifie, ou bien la torture va commencer.
— Tant mieux, je participerai ainsi à la Passion de mon Sauveur.
Pendant la torture Probe dit : « Eh bien, Irénée, que dis-tu ? Sacrifie.
— Je sacrifie à Dieu en confessant ma foi et je lui ai toujours sacrifié.
Les parents d'Irénée arrivant, ils le virent en cet état et le prièrent d'épargner cet excès de douleur à leur vieillesse. En même temps ses petits enfants lui baisaient les pieds : « Papa, disaient-ils, aie pitié de nous. » Sa femme sanglotait, suppliait. Des serviteurs, des amis, des voisins étaient là qui se lamentaient : « Aie pitié de ta jeunesse », lui disaient-ils.
Un désir plus noble s'était emparé de l'âme du martyr, cette parole du Sauveur ne sortait plus de sa pensée : « Celui qui me reniera devant les hommes, je le renierai devant mon Père céleste. »
Supérieur à tout, il demeurait en silence.
Probus lui dit : Allons, laisse-toi toucher par tant de larmes, pense à ton âge, sacrifie.
— Je pense à mon éternité, je ne sacrifie pas.
On le reconduisit en prison, où il fut enfermé plusieurs jours, et soumis à de nouveaux supplices.
Une nuit, Probus le fit chercher.
— Irénée, sacrifie, afin d'éviter la souffrance.
— Fais ton métier, mais n'attends rien de moi.
Probus le fit rouer de coups de bâton.
— J'ai appris à adorer mon Dieu dès l'enfance, je l'adore, il me soutient dans mes épreuves, c'est à lui que je sacrifie : je ne puis adorer vos dieux fabriqués.
— Evite la mort, tu as assez souffert.
— La mort m'est un gain, puisque. par les souffrances que tu crois m'infliger et que je ne sens pas, j'obtiens de Dieu la vie éternelle.
— Tu es marié ? Non.
— Mais tu as des fils ?
— Non.
— Tu as tes parents ?
— Non.
— Qui sont donc ceux qui pleuraient devant toi à la dernière audience ?
— Jésus-Christ, mon Maître, a dit : « et Celui qui aime son père, ou sa mère, ou sa femme, ou ses fils, ou ses frères plus que moi, n'est pas digne de moi. »
C'était la raison qui faisait dire au martyr, le regard tourné vers les choses du ciel, qu'il ne connaissait ici-bas personne autre que Dieu.
— Sacrifie, ne fût-ce que pour eux.
— Mes fils ont le même Dieu que moi, il peut les sauver. Fais ton métier.
— Réfléchis, jeune homme, sacrifie, évite le supplice.
— Fais ce que tu voudras, tu vas voir quelle force Notre-Seigneur Jésus-Christ me donnera contre les embûches.
Probus dit : — Je vais prononcer la sentence.
— Tant mieux.
— J'ordonne, dit Probus, qu'Irénée, qui a désobéi aux ordres royaux, soit jeté à la rivière.
— Je m'attendais qu'après tant de menaces, dit Irénée, tu multiplierais sur moi les tourments, afin de me frapper ensuite d'un coup d'épée, tu ne l'as pas fait. Je t'en prie, change d'avis, tu apprendras comment, grâce à leur foi, les chrétiens savent mourir.
Probus, vexé (changea la sentence) et condamna Irénée à être décapité. Le saint martyr, comme si t'eût été une seconde couronne offerte à son courage, rendit grâces et dit : « Je vous rends grâces, Seigneur Jésus-Christ, qui parmi des peines et des tortures diverses me donnez la force de les supporter, et daignez me rendre participant de la gloire éternelle.  »
Quand on fut arrivé sur le pont nommé de Bazentis (qui domine le Save), le martyr enleva ses vêtements, éleva les mains au ciel, et pria : « Seigneur Jésus-Christ, qui as daigné souffrir pour le salut du monde, que ton ciel s'ouvre et reçoive l'âme de ton serviteur Irénée, qui souffre aujourd'hui pour ton nom et pour le peuple de ton Église catholique de Sirmium. J'implore ta miséricorde, daigne m'accueillir et confirmer ceux-ci dans ta foi. »
Quand il eut fini, le bourreau lui coupa la tête et jeta le corps dans la Save.
Ainsi mourut le serviteur de Dieu Irénée, évêque de Sirmium.
C'était le 6 avril, sous le règne de Dioclétien, par l'ordre du gouverneur Probus. Notre-Seigneur Jésus-Christ régnait sur le monde. A lui la gloire dans les siècles des siècles. Amen[1].


[1] LES MARTYRS ; tome 3. Recueil de pièces authentiques sur les martyres depuis les origines du christianisme jusqu'au XXe siècle. Traduites et publiées par B. P. DOM H. LECLERCQ, moine bénédictin de Saint-Michel de Farnborough.

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