mardi 5 avril 2011

CATERINA MORIGI DI PALLANZA

Religieuse, Fondatrice, Bienheureuse
1427-1478

6 avril

Parmi les saints vénérés par l’Église milanaise, on compte Caterina (Catherine) di Pallanza et Giuliana (Julienne) di Busto qui furent les initiatrices de l’expérience monastique des ermites de l’Ordre de saint Ambroise à Sainte Marie du Mont, près de Varèse, dite communauté ermite Ambrosienne.
Déjà avant 1400, et depuis des siècles, il y avait là un lieu de culte dédié à la Bienheureuse Vierge Marie, un sanctuaire lié, selon la tradition, à saint Ambroise : à l’endroit même ― toujours selon cette vieille tradition ― où le saint évêque avait vaincu le dernier groupe d’ariens. Ce fut en ce lieu cher à l’histoire de l’Église milanaise, que les deux femmes vécurent leur consécration virginale et perpétuelle au Seigneur.
La première à s’y installer fut Caterina, originaire de Pallanza, de la noble famille des Morigi, qui après une longue recherche de la volonté de Dieu, trouva en ce lieu la réponse qu’elle attendait, car “il y a une voie de sainteté possible à tous et donc obligatoire”[1] En effet, “il est bien vrai que le héros dans la vertu n’est pas celui ― ou celle ― qui marche sur les sentiers communs ou faciles ou plats, mais celui qui ne craint pas les obstacles et les difficultés, et qui affronte courageusement les chemins ardus et rudes qui conduisent au ciel”[2].
Cela se passa aux alentours de 1450.
Par la suite, en 1454, Giuliana Puricelli vint les y rejoindre. Elle était née en 1427, à Busto-Verghera, au sein d’une famille rurale, donc pauvre.
Giuliana vécut à l’ombre et à l’école de Caterina, qui la laissa progresser dans sa dévotion au Notre-Père et à l’Ave Maria, développant ainsi ses charismes de pureté, d’obéissance, de pauvreté, d’humilité et de charité, et partageant avec elles la non moins importante mission de la contemplation de la Passion du Christ.
Cette vie toute pleine de Dieu, oblige à affirmer, comme le fit le Concile du Vatican II, qu’il est “bien évident pour tous que l’appel à la plénitude de la vie chrétienne et à la perfection de la charité s’adresse à tous ceux qui croient au Christ, quels que soient leur état ou leur rang”[3].
En 1460 d’autres compagnes vinrent se joindre à elles. Après plusieurs tribulations et incompréhensions, en 1474, le Pape Sixte IV, par une Bulle, autorisa l’érection de l’Ordre, qui suivait la règle de saint Augustin, mais qui observait les constitutions de saint Ambroise ; les offices, eux, suivaient le rite ambrosien.
Caterina décéda le 6 avril 1478, à l’âge de 51 ans, laissant comme testament à la petite communauté la charité et de l’obéissance indéfectible à la volonté de Dieu.
Quant à Giuliana, elle décéda le 15 août 1501, après avoir demandé à être déposée ― un peu avant la fête de l’Assomption de Marie ― à même la terre. Elle mourut ainsi en écoutant les mélodies qui marquent cette importante fête mariale.
Les deux ermites qui, encore de leur vivant, le peuple appelait “bienheureuses” ― beata ―, furent vénérées par ce même peuple jusqu’à leur mort, comme il ressort des divers témoignages de l’époque. Elles sont fêtées, depuis des temps immémoriaux, le 6 avril, pour ce qui concerne Caterina Pallanza ; quant à Giuliana di Busto elle est fêtée le 15 août.
Après les modifications liturgiques et l’apparition du nouveau missel en 1976, leur fête est célébrée le 27 avril, dans la région milanaise.
Alphonse Rocha

[1] Osservatore Romano : 5-6 mai 1930.
[2] Osservatore Romano : 3-4 avril 1922.
[3] Vatican II : Lumen gentium, 40.

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