mercredi 13 avril 2011

ANTOINE NEYROT

Dominicain, Bienheureux
† 1460

10 avril

Le B. Antoine Neyrot naquit à Rivoli au diocèse de Turin il était d'une des meilleures familles de cette ville et entra tout jeune encore au couvent de Saint-Marc à Florence, dont saint Antonin était alors prieur. Il y fit profession entre ses mains et fut envoyé en Sicile. Or, il arriva que, quelque temps après, se rendant de Sicile à Naples, il fut pris, pendant la traversée, par des pirates de Tunis et emmené captif en Afrique. Son courage et bientôt sa foi déchirent sous ce malheur il en vint même jusqu'à renier publiquement Jésus-Christ.

Il y avait quatre mois déjà qu'il croupissait dans son apostasie, quand Dieu jeta sur lui un regard de miséricorde et le retira de l'abîme par la puissance de sa grâce. Ayant donc abjuré l'infâme mahométisme, Antoine se hâta de se préparer, par toutes les rigueurs de la pénitence et par la récitation fervente de l'office divin, à une lutte prochaine. Après quoi, deux fois lavé dans le sang de Jésus-Christ, au saint tribunal et à la sainte table, revêtu des habits de son Ordre, il va trouver le roi de Tunis, qui revenait alors d'une récente expédition. Eu sa présence et au milieu d'une foule immense, Antoine déplore son impiété, proclame seule véritable la religion chrétienne, qu'il avait abandonnée, et parle de Jésus-Christ avec une hardiesse et une éloquence merveilleuses. Le roi essaie de l'ébranler par tous les moyens, il promet, il caresse, mais sans nul succès il ordonne enfin de le conduire en prison, et le remet au jugement du chef de la secte. Trois jours entiers le perfide et artificieux musulman mit tout en œuvre pour le vaincre le courage du serviteur de Dieu fut inébranlable. Accablé presque sans relâche par les barbares d'outrages et de coups, sa patience ne se démentit pas un seul instant. Quelques chrétiens lui envoyaient des secours il les distribuait aux pauvres, se contentait pour lui de pain et d'eau et se préparait ainsi a la mort. Enfin, cinq jours après son emprisonnement, le juge le fait venir une dernière fois devant lui une dernière fois il échoue devant sa constance, et le condamne à être lapidé. On l'entraîne au lieu du supplice. Là, le soldat de Jésus-Christ s'agenouille, lève les mains au ciel, entre en prières et, dans une immobilité courageuse, reçoit la grêle de pierres qui consomme son martyre. Cette mort bienheureuse arriva le 10 mars de l'année 1460.

Les barbares livrèrent ensuite son corps aux flammes mais les flammes le respectèrent, et il fut racheté par des marchands génois qui mouillaient alors à Tunis. On le lava avec respect, et on l'envoya à Gènes, exhalant l'odeur la plus suave. De cette ville le B. Amédée IX, duc de Savoie, le fit transférer à Rivoli, l'an 1469.

Bientôt la gloire des miracles vint rehausser sur ces saintes dépouilles la gloire du martyre grand nombre de fidèles se déclarèrent redevables aux mérites du B. Antoine de grâces très insignes. Le culte du martyr s'accrut et se propagea de jour en jour. Enfin Clément X, le voyant bien établi, l'approuva et permit à l'Ordre des Frères Prêcheurs de réciter l'office et de célébrer la messe en l'honneur du B. Antoine.
SOURCE : P. Giry : Les petits Bollandistes : vies des saints. T. IV. Source : http://gallica.bnf.fr/ Bibliothèque nationale de France.

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