mardi 22 mars 2011

TURIBE ALPHONSE DE MONGREVEJO

Évêque, Saint
1538-1606

23 mars

Turibe-Alphonse, second fils du seigneur de Mongrovejo, naquit le 18 novembre 1538 à Mayorga, dans la province espagnole de Léon. Il fut porté vers la piété et l’horreur du péché dès l'enfance où il éprouvait un très vif bonheur en ornant les autels et en servant les pauvres. Fort dévôt à la Sainte Vierge dont il récitait chaque jour son office et le rosaire, il jeûnait tous les samedis. Lorsqu’il faisait ses études à Valadolid et à Salamanque, il donnait une partie de son dîner aux pauvres.
Bien que laïc, Philippe II le nomma président du tribunal de l'Inquisition à Grenade où il resta cinq ans avant d'être nommé, contre sa volonté, archevêque de Lima, capitale du Pérou ; Philippe II pensant que Turibe-Alphonse de Mongrovejo était le seul homme capable de faire cesser les scandales des conquistadores qui empêchaient la conversion des Péruviens.
Turibe-Alphonse de Mongrovejo se prépara à recevoir les ordres ; il voulut recevoir les quatre ordres mineurs en quatre dimanches différents pour avoir le temps d’en remplir les fonctions ; il reçut ensuite les ordres majeurs puis il reçut la consécration épiscopale après laquelle il s'embarqua pour l'Amérique où il arriva en 1581.
Son immense diocèse (cinq cent vingt kilomètres, le long des côtes) était alors un lieu de scandales et de dépravations où il fut d'autant plus mal accueilli que chacun savait que le Roi l'avait nommé pour y mettre de l'ordre. Les conquistadores s’étaient très mal conduits envers les indigènes qu’ils avaient tyranisés ; des guerres civiles et des dissensions domestiques s’en étaient suivies, les mœurs étaient dans un état déplorable et le clergé ne donnait guère le bon exemple.
Avec rigueur et patience, Turibe-Alphonse de Mongrovejo, supportant les persécutions de l'administration et des colons espagnols, prit des mesures fermes qui arrêtèrent dans Lima le cours des scandales publics ; aux Espagnols qui, pour excuser leur dureté et leurs abus, invoquaient la coutume, il répondait : « Jésus-Christ s’appelle la vérité et non la coutume ; à son tribunal, nos actions seront pesées dans la balance du sanctuaire. » Avec un zèle infatigable qui fut couronné de succès, pendant sept ans, il visita son diocèse, montrant l’exemple de la pénitence et de la piété. Il réussit à réformer son clergé qu’il réunit tous les deux ans pour des synodes diocésains et tous les sept ans pour des synodes provinciaux ; il fonda des séminaires, des églises, des écoles et des hôpitaux. Il fit encore deux visites de son diocèse, de cinq ans chacune, et obtint la conversion de très nombreux Indiens.
Turibe-Alphonse de Mongrovejo qui se confessait tous les matins, avant de célébrer la messe, faisait de sa vie une prière continuelle. Il tomba malade, au cours d'une visite pastorale à Santa, à quatre cent quarante kilomètres de Lima ; il distribua ses biens et se fit porter à l’église pour recevoir le viatique ; on le ramena dans la maison où il reçut l’extrême-onction et mourut le 23 mars 1606. L’année qui suivit sa mort, on transporta sa dépouille que l’on trouva sans corruption, à Lima où il fit plusieurs miracles. Béatifié par Innocent XI, en 1679, Turibe-Alphonse de Mongrovejo fut canonisé par Benoît XIII, en 1726.

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