mardi 8 mars 2011

TEOTÓNIO DE COIMBRA

fondateur de Santa Cruz de Coimbra, saint
1086-1162
18 février


Teotónio naquit — pour les uns au Portugal, à Ganfei – pour d’autres, en Espagne, à Gonfeo, près de Vigo. Quoi qu’il en soit, on sait qu’il est né en 1086, et qu’à cette époque seul le condé du Portugal existait, gouverné par Henri de Bourgogne.
Il est sûr aussi qu’il fit ses études chez les bénédictins de Ganfei, donc ce qui était alors le Condé de Lusitanie.
Ses premières études terminées, il alla à Coimbra où il suivit les cours d’Humanités et de Théologie. A la fin de ceux-ci, il fut appelé à Viseu par son oncle Dom Théodoric, prieur de la Collégiale des Chanoines Réguliers : ce fut en cette ville qu’il fut ordonné prêtre.
Il fut ensuite nommé – malgré lui – prieur de Notre-Dame de Viseu, où il fit preuve d’une grande sagesse et démontra ses immenses qualités spirituelles, devenant ainsi l’exemple à suivre pour le clergé local qui avait dès lors pour lui une grande vénération doublée d’un très profond respect.
Mais Teotónio était homme d’une grande humilité et ne cherchait jamais à se mettre en avant et, la charge même de prieur lui semblait trop honorifique pour lui ; pour réussir à s’en défaire, il décida un pèlerinage à Jérusalem. Il fut remplacé – provisoirement, pensait-on – pendant son absence par un prêtre nommé Honorius. Mais, dès son retour de Terre Sainte, Teotónio demanda à celui-ci de continuer d’assumer la charge de prieur, ce que celui-ci accepta.
Plus tard, on lui proposa l’épiscopat, qu’il refusa énergiquement, préférant se consacrer au ministère de la Parole et, au milieu d’un peuple corrompu, prêcher l’Évangile de Jésus-Christ. Ce fut durant cette période qu’il prouva son indéfectible fidélité aux vertus chrétiennes, mais tout particulièrement à celle de la chasteté et pureté d’âme et de corps.
Puis, ce fut un deuxième pèlerinage à Jérusalem. A son retour, il fonda, avec onze outres compagnons, une nouvelle congrégation de Chanoines Réguliers et, pour l’abriter, il fit construire le Monastère de Sainte Croix de Coimbra – qui reste encore de nos jours, un chef d’œuvre architectural.
La construction – pose de la première pierre – fut commencée le 28 juin 1131, en présence du prince Alphonse, fils d’Henri de Bourgogne – et bientôt premier roi du Portugal – qui avait pour Teotónio une très grande admiration.
Le 24 février 1132 il fut nommé prieur du nouveau monastère, charge qu’il occupa pendant vingt ans. Grâce à son action, le monastère devint un foyer de sainteté et de culture de feu Condé du Portugal et du nouveau Royaume de Portugal (1139), gouverné d’une main ferme par Alphonse Ier, appelé maintenant Alphonse Henriques.
Ce roi – guerrier intrépide et mystique convaincu – lors de ses nombreuses campagnes pour reconquérir les terres occupées par les musulmans, demandait la prière des moines de Sainte Croix et attribuait volontiers ses victoires aux vertus de ces mêmes prières, ce qui augmentait la vénération et l’amitié qu’il éprouvait envers Teotónio, son ami de toujours. Et, pour lui montrer sa gratitude il fit libérer tous les moçarabes – les musulmans convertis au christianisme – faits prisonniers pendant les campagnes de conquête.
Âgé de 70 ans, il renonça à sa charge d’abbé et consacra le reste de sa vie à la prière.
Il avait quatre-vingts ans lorsqu’il remit son âme à Dieu le 18 février 1162. Son corps repose encore dans l’église de la Sainte Croix (Santa Cruz) à Coimbra.
Son culte fut approuvé par le Pape Benoît XIV. Il fut le premier saint portugais à être canonisé selon les nouvelles règles canoniques.
Il est le patron de la ville de Viseu. Sa fête est fixée au 15 février.
Alphonse Rocha

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire