jeudi 24 mars 2011

MARIE ALPHONSINE DANIL GHATTAS

Religieuse, Fondatrice, Bienheureuse
1843-1927

25 mars

La Mère Marie-Alphonsine Danil Ghattas était née à Jérusalem le 4 octobre 1843, « au sein d’une famille pieuse et laborieuse de Jérusalem, une famille où l’on travaillait et priait ensemble », dit Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, lors de la cérémonie de béatification. Baptisée le jour même, elle fut confirmée, le 18 août 1852, par S.B. Mgr. Valerga.
Dès son enfance elle avait ressenti un vif désir de se consacrer au Seigneur. Le même patriarche nous dit encore que « la jeune fille a beaucoup souffert, surtout de son père qui avait opposé un veto absolu à son entrée dans la vie religieuse. En effet, ce dernier ne voulait pas que sa fille bien-aimée l’abandonne et parte étudier en Occident — l’unique façon à ce moment-là de devenir religieuse ». Aussi, à peine eût-elle fini ses 14 ans qu'elle se présenta comme postulante chez les Sœurs de S. Joseph de l'Apparition, après avoir obtenu enfin l’approbation de son père.
« Après ses premiers vœux — précise encore Mgr Fouad Twal —, sa supérieure lui confia la mission d’enseigner le catéchisme à l’école des sœurs à Bethléem. Sœur Marie-Alphonsine était une catéchiste hors pair, une éducatrice humble et un apôtre infatigable. Au cours de cette période, elle fonda à Bethléem la Confraternité de l’Immaculée Conception et l’Association des mères chrétiennes ».
Dans la suite, au cours d'apparitions, Notre Dame lui confia son désir de fonder une congrégation palestinienne qui porterait le nom de Sœurs du Rosaire. De fait, en 1880, une maison de Jérusalem reçut dans ce dessein 7 jeunes filles pieuses et zélées qui, le 15 décembre 1880 reçurent l'habit religieux des mains du Patriarche, Mgr. Bracco.
Sœur Alphonsine cependant eut encore à affronter bien des difficultés pour cette fondation que la Vierge lui avait demandée ainsi qu'au Père Joseph Tannous, du clergé partriarcal. Avec la permission de Rome, elle put enfin quitter les Sœurs de Saint Joseph et entrer dans la nouvelle Congrégation des Sœurs du Rosaire. Le 7 octobre 1883, elle en reçut l'habit des mains de Mgr. Pascal Appodia, l'auxiliaire du Patriarche. Le 7 mars 1885, elle émit les premiers voeux entre les mains de Mgr. Bracco.
Le 25 juillet 1885, elle fut affectée à la maison de Jaffa de Galilée, près de Nazareth. On rapporte que dans cette paroisse, une fillette de l'école des Soeurs, Nazirah Eid, étant tombée dans une citerne pleine d'eau, Soeur Alphonsine la sauva en lui jetant son chapelet.
En 1886, Sœur Alphonsine alla fonder l'école des filles de Beit Sahour, le village des Pasteurs. En 1887, elle fut envoyée à Salt en Transjordanie avec trois compagnes. Affectée dans la suite à Naplouse, elle fut bientôt obligée de rentrer à Jérusalem à cause de sa santé qui s'était délabrée. Aussitôt rétablie, elle alla à la maison de Zababdeh.
En 1882, on la trouve à Nazareth au chevet de D. Joseph Tannous. Elle conforta dans son agonie le Fondateur qui était aussi son directeur spirituel. Elle revint ensuite à Bethléem pour y ouvrir un atelier de couture. Rentrée à Jérusalem en 1909, elle fut enfin envoyée à Ain Karem pour y ouvrir un orphelinat.
 « Une vie consacrée sans croix ni souffrance est une utopie — affirma encore Mgr Fouad Twal, patriarche latin de Jérusalem, lors de la cérémonie de béatification. Mère Marie-Alphonsine a non seulement accepté mais aimé la croix et la souffrance. Elle a écrit dans son journal : "J’étais assoiffée de supporter les épreuves. Je trouvais délicieux tout ce qui était amer et pénible. La solitude était le paradis de mon cœur et l’obéissance était le ciel de mon esprit. Je trouvais les ordres des Supérieures faciles à suivre." Elle se mit à pratiquer l’ascèse et le renoncement. Elle passait de longues heures au Calvaire, apprenant de son Maître comment aimer le sacrifice et participer à sa passion. "J’étais convaincue que la souffrance et même la mort par amour pour le bon Dieu étaient la meilleur preuve de l’amour. Jésus a dit : — Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime." Pendant la période du noviciat dans la Congrégation du Rosaire, Mère Marie-Alphonsine a bu le calice de la souffrance dans le silence et la vie cachée ; elle a vraiment été la victime du Rosaire. Pour réussir en effet, tous les projets divins ont besoin de la croix et du sacrifice.
Elle ouvrit une fois son coeur à son directeur, lui exprimant combien elle avait souffert de personnes en qui elle aurait dû trouver un appui. Heureusement que le Seigneur lui-même l’appuyait et la soutenait. "Si Dieu est avec nous, qui sera contre nous ?" »
Le 25 mars 1927, en la fête de l'Annonciation, à l'heure qu'elle avait prédite, Mère Alphonsine achevait sa vie de prédestinée et s'endormait dans le Seigneur.

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