samedi 19 mars 2011

MARCEL CALLO

Jeune laïc, Bienheureux
1921-1945

19 mars

Marcel Callo est le second d'une famille de neuf enfants. Marcel se révèle malicieux, taquin, très affectueux et sait reconnaître ses torts. Déjà se manifeste son talent de meneur de jeu. A 12 ans, il entre en apprentissage et prend à cœur son rôle d'aîné après le départ de son frère au séminaire. Il adhère à la croisade eucharistique, mouvement dont le but est d'apprendre aux enfants et adolescents à faire de leur vie une prière ininterrompue, en plaçant l'Eucharistie au cœur de toute initiative, dans un but apostolique, selon la devise des croisés: "Prie, communie, sacrifie-toi, sois apôtre".
Puis il entre chez les scouts où il prend plaisir à observer la loi et à participer aux activités. Par ailleurs, ses débuts dans l'imprimerie où il travaille comme typographe s'avèrent difficiles, l'ambiance y est pesante. Son dynamisme se heurte à des préoccupations beaucoup plus malsaines des ouvriers plus âgés qui se targuent d'initier les plus jeunes. Sur les conseils de sa mère, Marcel se tourne vers la Vierge, secours des adolescents; cela lui vaut le surnom de "Jésus-Christ". Malgré tous ces obstacles, le jeune homme devient rapidement un ouvrier compétent et honnête, apprécié de son contremaître et des jeunes apprentis qu'il protège.
Il quitte le scoutisme, un peu à contrecœur, pour entrer à la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) où il tient à privilégier la vie spirituelle comme source de toute action, dans un monde ouvrier très déchristianisé. Devenu président de la section, il se dépense sans mesure pour assumer les responsabilités pratiques et surtout morales que cela implique.
En 1943, Marcel perd sa sœur dans un bombardement et se voit réquisitionné pour le STO (Service du Travail Obligatoire): malgré son déchirement (il vient de se fiancer), il accepte de partir, d'une part pour éviter des représailles sur sa famille, d'autre part dans une perspective missionnaire: là-bas également l'apostolat est urgent.
Envoyé à Zella-Melhis, il travaille dans une usine de révolvers et loge dans un camp de 3000 ouvriers environ. il surmonte une période de détresse et de découragement et organise peu à peu clandestinement la vie chrétienne du groupe. Ses activités le trahissent et il est arrêté le 19 avril 1944 parce que "trop catholique". Transféré à la prison de Gotha avec les principaux dirigeants jocistes de Thuringe (ils seront 12), il est finalement envoyé successivement aux camps de concentration de Flossenburg (où fut pendu Dietrich Bonhoeffer) et de Mauthausen où il partage les effroyables souffrances de tous les déportés et pâtit avec eux de l'affolement des nazis devant l'alliance alliée. Il travailla surtout à Gusen II, le pire des kommandos.
Souffrant terriblement de l'estomac, il meurt d'épuisement le 19 mars 1945, assisté par un camarade bouleversé devant son attitude, le colonel Tibodo qui témoigne : « J’ai connu Marcel Callo pendant quelques heures seulement, celles qui ont précédé sa mort en mars 1945, un mois et demi avant la libération. Je ne l’ai connu qu’aux dernières heures de sa vie : il est mort en quelque sorte dans mes bras. Cependant cela m’a suffit pour constater que ce garçon était de beaucoup au-dessus de la nature humaine ordinaire. (…) Si j’ai gardé son souvenir, alors que j’ai passé par plusieurs camps et que j’ai connu de nombreux prisonniers, c’est que Marcel Callo avait un regard vraiment surnaturel. Le témoignage que j’ai donné est au-dessous de la réalité : le regard était plutôt un regard d’espoir, l’espoir d’une vie nouvelle. Si moi, parpaillot, qui ai vu des milliers de prisonniers mourir, j’ai été frappé par le regard de Marcel Callo, c’est qu’il y avait en lui quelque chose d’extraordinaire. Ce me fut une révélation : son regard exprimait une conviction profonde qu’il partait vers le bonheur. C’était un acte de foi et d’espérance vers une vie meilleure. Je n’ai jamais vu chez un moribond un regard comme le sien ».
Le mardi 12 juin 1945, un service funèbre fut célébré pour le repos de l’âme du jeune martyr Marcel Callo en la basilique Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Rennes. Par la suite, le Père Jégo, aumônier du lycée St-Martin de Rennes et ami de la famille, entreprit d’écrire un livre sur la vie du jeune Marcel Callo, ouvrage qui parut à la fin de l’année 1946. Très vite, ce livre connu un grand succès et il fut traduit en de nombreuses langues, dont en allemand par un certain Père Gérardi qui sera, avec sa secrétaire, Rosemarie Scholze (devenue Mme Pabel), le grand promoteur de la cause de béatification de Marcel Callo. C’est lui qui insistera auprès de l’évêque de Rennes, mais aussi du Pape Pie XII pour que s’ouvre le procès informatif diocésain, première étape du procès de béatification. Ce sera finalement le Cardinal Paul Gouyon qui s’attèlera à cette tâche, rédigeant lui-même un ouvrage sur le jeune rennais : « Marcel Callo, témoin d’un génération ». Finalement, il faudra attendre le dimanche 4 octobre 1987 pour que le Pape Jean-Paul II, à l’occasion du synode mondial des évêques sur la vocation et la mission des laïcs dans l’Eglise et dans le monde », béatifie le jeune Marcel Callo, en même temps que deux jeunes italiennes, Antonia Mesina et Pierina Morosini, martyres elles aussi.
Le rayonnement posthume de ce jeune breton ayant rejoint le Christ à 24 ans est immense, notamment chez les catholiques allemands qui l'associent d'emblée à Edith Stein ou Maximilien Kolbe. Le bienheureux Marcel Callo est désormais fêté dans son diocèse de Rennes le 19 avril, date où il fut arrêté à Zella-Melhis ; le 19 mars, date de sa mort, étant la fête de Saint Joseph. De nombreuses églises ou paroisses sont placées sous l’invocation de Marcel Callo : Tremblay-en-France, Rennes, Nantes, Caen, Lille, Flers-de-l’Orne, Douai, Savigny-sur-Orge, La Haye-du-Puits, Montferrier-sur-Lez, ainsi qu’en Autriche dans le diocèse de Linz.

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