samedi 19 mars 2011

JUAN NEPOMUCENO ZEGRI Y MORENO

Prêtre, Fondateur, Bienheureux
(1831-1905)

17 mars

Juan Nepomuceno Zegri y Moreno, fondateur de la Congrégation religieuse des Sœurs mercédaires de la Charité, naquit à Grenade (Espagne) le 11 octobre 1831 dans une famille chrétienne. Ses parents, Antonio Zegrí Martín et Josefa Moreno Escudero, lui donnèrent une éducation approfondie et soignée. Ils forgèrent sa riche personnalité selon les valeurs humaines et évangéliques, faisant de lui un véritable chrétien, engagé dès sa jeunesse dans la cause de Jésus Christ et des pauvres. Il fut un excellent étudiant, possédant une remarquable personnalité. Il suivit des études classiques et de droit, se distinguant par son intelligence et, surtout, par sa grande humanité et son intense vie chrétienne, consacrée à la prière et à la charité envers les pauvres.
Dieu le Père, qui appelle ceux qu'il désire pour réaliser ses grandes œuvres, l'appela à participer au sacerdoce de Jésus Christ pour diffuser l'Evangile de la charité rédemptrice parmi les hommes. Il suivit ses études au séminaire "San Dionisio" de Grenade et fut ordonné prêtre dans la cathédrale de Grenade le 2 juin 1855. Sa grande vocation fut d'être un prêtre de Jésus Christ, au point qu'il était disposé aux plus grands sacrifices afin de pouvoir réaliser ce rêve, alimenté dès sa prime jeunesse.
En tant que prêtre, il résida dans les paroisses de Huétor Santillán et de San Gabriel de Loja (Grenade). Dans ces deux paroisses, il réalisa sa vocation de pasteur en suivant l'exemple du Bon Pasteur, qui donne sa vie pour ses brebis. Lorsqu'il prit possession de l'une de ces paroisses, il expliqua ce qu'il voulait être pour les autres depuis qu'il avait reçu sa vocation: comme un bon pasteur, courir vers les brebis égarées; comme un médecin, soigner les cœurs malades à cause des péchés et communiquer l'espérance à tous; comme un père, être la providence visible pour tous ceux qui, gémissant dans l'abandon, boivent la coupe de l'amertume et s'alimentent du pain des vicissitudes. Sa vie sacerdotale fut caractérisée par une profonde expérience de Dieu; par un profond amour envers Jésus Christ Rédempteur, auquel il se configura, apprenant l'obéissance jusqu'à la souffrance; par un grand amour pour Marie, sa Mère et sa protectrice sans égal; par une vie intense de prière, source de charité; par une grande passion pour le Royaume de ses pauvres et un intense amour pour l'Eglise, vivant en communion avec elle, malgré l'obscurité de la foi et des souffrances qui lui furent infligées jusqu'au  sein  de  l'Eglise  elle-même.
Il fut un évangélisateur inlassable. Il aimait prier, réfléchir et écrire ses sermons. Il ne disait pas ce qu'il ne priait pas et il proclamait ce qui était au centre de son cœur, enflammé par l'amour de Dieu.  II  annonçait  ce  en quoi il croyait. Sa parole invitait chacun à vivre la vie chrétienne de manière radicale, en accueillant avec amour les engagements que comporte la religion chrétienne. Toute sa vie fut Eucharistie, pain fractionné pour être mangé; célébration de l'amour de Dieu dans le don de son existence elle-même. Il fut également réconciliation. Il célébra le sacrement du pardon en se faisant pardon, miséricorde et compassion pour tous, en particulier pour ses ennemis et pour ceux qui le calomnièrent.
Il occupa des fonctions importantes, mais il vécut la merveilleuse humilité de Dieu, révélée dans l'hymne de la Lettre aux Philippiens 2, 5. Il fut examinateur synodal dans les diocèses de Grenade, Jaén et Orihuela; juge synodal et secrétaire dans les concours pour les prêtres du diocèse de Malaga; chanoine de la cathédrale de Malaga et aumônier des religieuses. En outre, il fut éducateur des séminaristes, prédicateur de Sa Majesté la reine Isabelle II, et aumônier royal.
Préoccupé par les problèmes sociaux et les besoins des plus démunis, il se sentit appelé à fonder une Congrégation religieuse pour libérer les hommes et les femmes de leur esclavage. Il la fonda à Malaga le 16 mars 1878 sous la protection et l'inspiration de "Maria de la Merced", l'humble pèlerin de la gratuité de Dieu. Son but était de pratiquer toutes les œuvres de miséricorde spirituelles et corporelles dans la personne des pauvres. Il demandait aux religieuses que tout ce qu'elles accomplissaient le soit pour le bien de l'humanité, en Dieu, pour Dieu et vers Dieu. En quelques années, la Congrégation s'étendit dans de nombreux diocèses espagnols sous la pression du dynamisme de son inspiration charismatique: soigner toutes les plaies, remédier à tous les maux, calmer toutes les douleurs, éliminer tous les besoins, sécher toutes les larmes, ne laisser dehors, si possible, aucune personne abandonnée, affligée, sans défense, sans éducation religieuse et sans aide. Le Père Zegrí, enflammé par l'amour de Dieu, arriva à dire que la charité est l'unique réponse à tous les problèmes sociaux et qu'elle ne finira pas tant qu'il restera une seule douleur à soigner, un seul malheur à consoler, une seule espérance à communiquer aux cœurs blessés; tant qu'il y aura des régions lointaines à évangéliser, de la sueur à répandre et du sang à verser pour féconder les âmes et engendrer la vérité sur la terre.
Eprouvé comme l'or au creuset et enterré dans un sillon du terrain, comme un grain de blé, ayant été calomnié et éloigné de l'œuvre qu'il avait fondée, tout d'abord par l'Eglise, puis par les religieuses elles-mêmes, il mourut le 17 mars 1905 dans la ville de Malaga, seul et abandonné, comme il avait décidé de mourir; sur l'exemple du Crucifié, les yeux fixés sur l'auteur et le perfectionnateur de notre foi. Il mourut comme un fils fidèle de l'Eglise et, sous le signe de l'obéissance de la foi, comme les grands témoins et les grands croyants.
Il élabora une riche spiritualité, à laquelle ses religieuses, les Mercédaires de la Charité étanchent aujourd'hui leur soif, ainsi que les nombreux laïcs qui, connaissant sa vie, la charité qu'il exerça envers les pauvres et la façon dont il décida de mourir, désirent accomplir un chemin de vie chrétienne à partir de son inspiration charismatique. Les axes fondamentaux de sa spiritualité sont: 
- la charité rédemptrice, qui est bénéfique pour l'humanité et qui apporte aux pauvres l'Evangile de l'amour et de la tendresse de Dieu, car la charité, qui est Dieu, se manifeste en séchant les larmes, en portant secours dans le malheur, en faisant du bien à tous;
- l'amour et la configuration avec Jésus Rédempteur, dans son mystère pascal, car le geste de l'amour mystique qui identifie presque le cœur de l'homme à Jésus Christ, sans demander aucune récompense, est l'idéal sublime de la charité;
- l'amour pour "Maria de la Merced", car Notre-Dame de la Grâce appartient à tous et est pour tous, étant donné qu'il n'existe pas de titre plus doux, d'invocation plus tendre, d'appellation plus vaste, que la grâce et la miséricorde de Marie.
Il vécut et fit siennes de façon héroïque toutes les vertus chrétiennes, en particulier la foi, l'espérance et la charité, ainsi que toutes les vertus qui donnent un caractère concret à la charité et la rendent essentielle dans les relations: humilité, affabilité, douceur et tendresse, miséricorde, bonté, mansuétude, patience, générosité, gratuité et bienveillance. Il se distingua également par sa prudence, sa force dans la souffrance, par sa transparence dans la recherche de la vérité et par le sens de la justice dont il fit preuve dans tous ses actes et toutes ses décisions. L'Eglise reconnut ses vertus héroïques en le proclamant vénérable le 21 décembre 2001.
Dieu le Père, par son intercession, opéra un miracle en la personne de Juan de la Cruz Arce, dans la ville de Mendoza, en Argentine et que l'Eglise a considéré de deuxième degré, en lui restituant le pancréas, dont il avait subi l'ablation lors d'une intervention chirurgicale.
Sa vie représente un défi pour nous tous qui suivons sa spiritualité, non pas tant en raison de ce qu'il fit, mais parce qu'il sut aimer à la manière de Dieu, en diffusant l'Evangile de la charité parmi les plus démunis. Il nous révéla que la tendresse et la miséricorde de Dieu deviennent réalité dans le cœur des hommes grâce au mystère de la rédemption du Fils et en marchant avec Lui. Le Père Zegrí accomplit un chemin de "sequela" en  se donnant totalement et exclusivement à Jésus Christ crucifié, comme nous pouvons le lire dans son testament spirituel.

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