mardi 29 mars 2011

GONTRAN DE BOURGOGNE

Roi, Saint
+ 593

28 mars

Sainte Clotilde, grand-mère de Gontran
Gontran, né l'an 525, était fils de Clotaire I, et petit-fils de Clovis I et de sainte Clotilde. Il fut couronné, en 561, Roi d'Orléans et de Bourgogne. Si, par une suite de la barbarie de ces temps grossiers, il commit quelques crimes, il les effaça depuis par les larmes d'une sincère pénitence. Il fut obligé de prendre les armes contre ses deux frères[1], et contre les Lombards. L'usage qu'il fit des victoires remportées par ses troupes, que commandait le brave Mommol, prouva qu'il n'avait que des inclinations pacifiques. Après la mort de ses frères, il se déclara ouvertement le protecteur de leurs enfants, qui furent exposés plus d'une fois au danger de perdre la vie. Toute son ambition se bornait à rendre ses sujets heureux, et c'était pour cela qu'il puisait dans la religion les vrais principes du gouvernement. Il était bien éloigné de penser comme ces hommes profanes, qui s'imaginent que les lois de la politique ne peuvent s'allier avec les maximes de l'évangile ; il pensait au contraire qu'un état n'est jamais plus florissant que quand la religion est le mobile de la conduite de ceux qui gouvernent : aussi son règne fut-il accompagné d'une prospérité constante dans la paix et dans la guerre.
Le vertueux prince eut toujours beaucoup de vénération pour les évêques, qu'il regardait comme ses pères, qu'il honorait et consultait comme ses maîtres. Il fonda avec une magnificence vraiment royale un grand nombre d'églises et de monastères. Son immense charité pour les malheureux éclata surtout dans un temps de peste et de famine. Non content d'avoir donné les ordres les plus précis pour que les malades ne manquassent de rien, il tâchait par ses prières et ses jeûnes de fléchir la colère céleste. Nuit et jour il s'offrait à Dieu comme une victime prête à recevoir les coups de sa justice, afin d'obtenir la cessation d'un fléau qu'il jugeait être le châtiment de ses péchés.
Son amour pour la justice le portait à punir le crime avec sévérité, surtout dans ses officiers. Il fit de sages règlements pour réprimer la licence effrénée des gens de guerre. On ne peut dire avec quelle facilité il pardonnait les injures qui lui étaient personnelles. Deux assassins subornés par Frédégonde, ayant voulu lui ôter la vie, il se contenta d'en emprisonner un ; il épargna l'autre, parce qu'il s'était réfugié dans l'église. Ce bon prince mourut le 28 Mars 593, dans la soixante-huitième année de son âge, et la trente-deuxième de son règne. Il fut enterré dans l'église de Saint-Marcel, qu'il avait fondée à Châlons-sur-Saône. Saint Grégoire de Tours dit qu'il fut témoin oculaire de plusieurs miracles opérés par l'intercession du saint Roi. Les calvinistes profanèrent ses sacrés ossements dans le seizième siècle ; il ne reste plus que son crâne , qui est renfermé dans une châsse d'argent. Saint Gontran est nommé dans le martyrologe romain.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.


 [1] Charibert, Roi de Paris, et Sigebert, Roi d'Austrasie.

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