samedi 5 février 2011

SULPICE SÉVÈRE

Ermite, écrivain, Saint
ca. 363-410 ou 429

29 janvier

Sulpice Sévère naquit en Aquitaine, aux environs de Toulouse. Ses parents, au rapport des deux Paulin et de Gennade, alliaient de grands biens à la noblesse de l'extraction. L'étude des lettres occupa ses premières années. Devenu capable d'une application sérieuse, il se mit à lire les bons auteurs du siècle d'Auguste, afin de former son style sur celui de ces beaux modèles. On sait jusqu'à quel point il y réussit. Ayant fréquenté le barreau dans un âge où l'on ne se fait point encore de réputation, il ne tarda pas à effacer tous ceux qui couraient la même carrière que lui. Il s'unit par les liens du mariage avec une femme de famille consulaire, qui lui apporta des biens considérables, mais qui lui fut bientôt enlevée par la mort. Il continua de vivre dans la plus parfaite intelligence avec Bassula, sa belle-mère, qui l'aimait comme son propre fils.
Cependant les réflexions qu'occasionna la perte de sa femme le détachèrent insensiblement du monde. Il en sentit tout le néant, et résolut enfin de le quitter. On croit que les discours et les exemples de sa belle-mère ne contribuèrent pas peu à l'affermir dans sa résolution, qu'il exécuta vers l'an 39; son sacrifice fut d'autant plus méritoire, qu'il était encore à la fleur de son âge. Il employait tous ses revenus en aumônes et en d'autres bonnes œuvres de sorte qu'il était moins le propriétaire de son bien, que l'économe de l'Église et des pauvres. Son changement de vie fut désapprouvé de tous ceux qui ne le considéraient pas avec les yeux de la foi. Ses anciens amis blâmèrent hautement sa conduite, puis, en firent l'objet des railleries les plus piquantes. Le saint, qui avait consulté Dieu avant que d'agir, n'en fut point ébranlé, et alla fixer sa demeure dans une cabane du village de Primuliac, en Aquitaine. Ses serviteurs et ses esclaves, qui l'avaient suivi, devinrent ses frères et ses disciples, et se consacrèrent avec lui au service du Seigneur. Ils couchaient tous sur la paille ou sur de ciliées étendus par terre. Ils ne se nourrissaient que de pain bis, de légumes et d'herbes bouillies, qu'ils assaisonnaient seulement d'un peu de vinaigre.
Sulpice alla visiter S. Martin de Tours vers l'an 394. Frappé des vertus, des discours et des conseils de cet homme divin, il devint dès lors son plus grand admirateur et le plus fidèle de ses disciples. Chaque année il passait quelque temps avec lui, afin d'apprendre à copier parfaitement tous les traits de ce beau modèle. Zélé pour la défense du culte extérieur, il décora les églises et en fit bâtir plusieurs ; deux entre autres à Primuliac. Comme il voulait enrichir de reliques ces deux dernières, il écrivit à S. Paulin en 4o3, pour le prier de lui en procurer. Le saint lui envoya un morceau de la vraie croix, avec la relation de la manière miraculeuse dont elle avait été découverte par Ste Hélène. Sulpice inséra depuis cette relation dans son Histoire ecclésiastique. Ces deux grands hommes, liés ensemble d'une amitié sainte, se faisaient des présents réciproques ; ils s'envoyaient des vêtements pauvres, et d'autres choses semblables, qui convenaient à la vie pénitente qu'ils avaient embrassée. Les réflexions semées dans les lettres qui accompagnaient ces présents supposent des hommes accoutumés à profiter de tout pour élever leurs cœurs vers Dieu.
Le serviteur de Dieu, étant un jour seul dans sa cellule, s'y endormit. Il lui sembla voir S. Martin montant au ciel, le visage rayonnant de gloire, et accompagné du prêtre Clair, son disciple, mort depuis quelque temps. La vérité de cette vision lui fut confirmée par l'événement. En effet, deux moines qui arrivaient de Tours lui apprirent à son réveil que son bienheureux maître était sorti de ce monde. Cette nouvelle l'affligea sensiblement; mais il s'en consola dans l'espérance qu'il allait avoir dans le ciel un puissant intercesseur. Il voulut laisses un monument de sa vénération pour la mémoire du saint évêque de Tours, en écrivant l'histoire de sa vie. Ce fut encore par une suite Je la même vénération, qu'il passa cinq ans dans la cellule de S. Martin, à Marmoutier. Quelques auteurs disent qu'il se retira ensuite dans un monastère situé ou à Marseille ou dans le voisinage de cette ville. On ne connaît point l'année de sa mort ; on sait seulement qu'il mourut au commencement du cinquième siècle c. S. Paulin de Nole, Paulin de Périgueux, Venance Fortunat et plusieurs auteurs, font les plus magnifiques éloges de S. Sulpice Sévère. Gennade dit qu'il était surtout recommandable par son humilité et par son amour extraordinaire pour la pauvreté.
Guibert, abbé de Gemblours, rapporte que de son temps on faisait solennellement à Marmoutier la fête de S. Sulpice Sévère, le 29 de janvier. Plusieurs éditeurs du Martyrologe romain ont confondu notre saint avec S. Sulpice le Sévère évêque de Bourges, lequel est nommé en ce jour dans les calendriers. Leur erreur a été fort bien relevée par Benoît XIV, qui démontre que le saint Siège n'a jamais mis le nom de notre saint dans le Martyrologe romain. Mais il est honoré de temps immémorial par l'église de Tours, qui dans son nouveau Bréviaire, lui a donné un office propre.

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