lundi 14 février 2011

ONÉSIME DE COLOSSES

Disciple de saint Paul, Martyr, Saint
Siècle I

15 février

Onésime, phrygien de naissance, était esclave d'un citoyen de Colosses, nommé Philémon, qui avait été converti à la foi par S. Paul ; après avoir donné plusieurs sujets de plaintes à son maître, il finit par le voler et prendre la fuite. Dieu permit, pour le salut de son âme, qu'il dirigeât sa route vers la ville de Rome, où S. Paul était alors enchaîné pour la foi. Cet apôtre, l'ayant rencontré, lui fit sentir toute l'énormité de sa faute, le convertit et le baptisa. Il le renvoya ensuite à son maître, auquel il écrivit en même temps pour lui demander la grâce de son esclave. Philémon, non content de lui pardonner, le mit en liberté, et le renvoya à Rome pour être auprès de S. Paul, qu'il servit toujours depuis avec l'attachement le plus fidèle et le plus tendre. L'apôtre le fit porteur, avec S. Tychique, de la lettre qu'il écrivit aux Colossiens l'employa dans le ministère de l'Evangile, et l'ordonna évêque dans la suite. Il fut martyrisé sous Domitien en 85, selon les Grecs, qui l'honorent le 15 de février.
Il ne faut pas confondre notre saint avec S. Onésime, troisième évêque d'Ephèse qui donna les plus grandes marques de respect et de charité à S. Ignace, lorsque ce dernier allait à Rome. On trouve son éloge dans la lettre que le saint évêque d'Antioche écrivit aux Ephésiens.
Un pécheur converti, que la grâce a rappelé des portes de l'enfer, ne cesse de s'anéantir à la vue de ses crimes, et des trésors infinis de la miséricorde divine. Il mesure son amour pour Dieu sur la grandeur des dettes qui lui ont été remises, et en manifeste la vivacité, non par ces transports momentanés, et par ces désirs stériles qui coûtent si peu à l’amour-propre ; mais par ces actes généreux qui montrent un homme nouveau, et totalement mort au péché. De là cette attention à veiller sur son cœur et sur ses sens ; ce zèle à punir ses iniquités par les pratiques laborieuses de la pénitence ; cette ardeur pour l'acquisition des vertus contraires à ses premiers penchants ; cette ferveur dans tous les exercices propres à racheter un temps perdu pour l'éternité. Et que l'on ne s'imagine pas que l'état d'un pécheur pénitent soit sans consolation. Dieu se plaît à verser dans son âme les grâces les plus abondantes. Souvent il le visite par les communications les plus intimes, afin de lui faire aimer son joug, et de fortifier sa faiblesse contre les difficultés qui se rencontrent, surtout dans les commencements de sa conversion. D'autres fois il le conduit par la route des épreuves; mais c'est afin de perfectionner ses vertus, et de multiplier ses victoires en multipliant ses combats. Ah ! qu'il est peu de sincères conversions aujourd'hui ! Y a-t-il beaucoup de pécheurs qui se reconnussent au portrait du véritable pénitent que nous venons de tracer? La voie de l'Evangile est-elle donc élargie ? Et nous en coûtera-t-il moins qu'aux saints pour expier nos iniquités ? Serait-il possible que nous ne reconnussions notre erreur qu'en ce jour terrible où la miséricorde n'aura plus lieu ?

SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

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