samedi 5 février 2011

LIAFDAG DE RIBE

Premier évêque de cette ville, Saint
+ ca. 980

3 février

Cathédrale de Ribes
« Le roi Otton premier ou le Grand, dit Adam de Brème, ayant échappé par le secours de Dieu aux poursuites de ses frères, fit rendre justice pleine et entière à son peuple. Ayant ensuite fait rentrer dans leur devoir les états qui s'étaient insurgés après la mort de Charles, il tourna ses armes contre les Danois, que son père déjà avait soumis autrefois, et qui s'étaient maintenant révoltés, en faisant mourir à Heideba les ambassadeurs d'Otton, ainsi que le margrave, et en détruisant toute la colonie des Saxons. Pour tirer vengeance de cette insulte, le roi fit aussitôt une irruption dans le Danemark, passa près de Schleswig les frontières danoises, et mit à feu et à sang tout le pays jusqu'à la mer, qui sépare les Danois des Normands, et qui, en mémoire de cette victoire, s'appelle encore aujourd'hui Olleusunt. » Lorsqu'il fit sa retraite, Harold s'avança contre lui jusqu'à Schleswig, et lui livra bataille. On se battit vaillamment des deux côtés, mais les Saxons furent vainqueurs, et forcèrent les Danois à chercher leur salut dans leurs vaisseaux. Harold, qui était disposé à la paix, se soumit donc à Otton, reçut la couronne de sa main, et s'engagea à donner accueil au christianisme dans ses états. Peu de temps après, Harold lui-même fut baptisé, de même que son épouse Gunhuld et son jeune fils, que le roi Otton tint sur les saints fonts qu'il nomma Suenotton. A cette époque la partie du Danemark qui est située de ce côté-ci de la mer, et que les habitants appellent Jutland, fut divisée en trois évêchés subordonnés à l'archevêché de Hambourg. Dans l'église de Brème on conserve les ordonnances royales, desquelles il en ressort que le roi Otton a été chef de l'empire d'Allemagne, et qu'il y a même placé des évêques. Les privilèges, accordés par la cour de Rome, font voir que le pape Agapet, après avoir félicité l'église de Hambourg de la conversion des gentils, confirma aussi à Adaldag toutes les concessions, que Grégoire, Nicolas, Sirice et ses prédécesseurs avaient faites à l'évêché de Brème. Il lui accorda aussi, en vertu de son autorité apostolique, le pouvoir d'ordonner les évêques du Danemark et des autres peuples du Nord. Notre archevêque d'heureuse mémoire fut donc le premier qui donna des évêques au Danemark, en envoyant Harold à Schleswig, Liafdag à Ripen (Riga), et Reinbrand à Aarhus, et en leur confiant en même temps les églises de la Finlande, de la Seelande, de la Scanie et de la Suéonie situées au-delà de la mer. Ces mesures datent de la douzième année de l'épiscopat d'Adalgar. Ce commencement dû à la miséricorde divine s'accrut tellement dans ta suite, que, depuis cette époque jusqu'à ce jour (la fin du onzième siècle), les nombreux fruits des églises du Danemark se manifestèrent visiblement chez les peuples du Nord. »
Tout ce que nous savons touchant les premières années du saint évêque, c'est qu'il naquit dans la Frise, selon le rapport de Vastov. Adam dit qu'il fut élevé à la dignité épiscopale dans l'année 948. Car ce fut vers le milieu du mois de septembre de l'année 936, qu'Adaldag succéda sur le siège de Hambourg à l'archevêque Unnon, et ce fut douze ans après cette exaltation que notre Saint fut sacré évêque de Riga.
Adam de Brème fait ainsi l'éloge de son zèle pastoral : « Parmi tous les évêques de l'antiquité aucun ne se distingua aussi avantageusement que Liafdag, qui s'illustra aussi par des miracles, et » prêcha l'Évangile aux peuples qui habitent au-delà de la mer, savoir aux Suéones et aux Normands. »
Son zèle, qui convertit à la foi une foule de gentils, le rendit odieux aux infidèles, qui vengèrent dans le sang du saint évêque la perte dont ils l'accusaient. Il souffrit vers l'année 980. Sa fête est marquée au 3 février.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

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