dimanche 13 février 2011

JOURDAIN DE SAXE

Religieux dominicain, Bienheureux
1190-1237

13 février

Jourdain de Saxe (le bienheureux,) général de l'ordre des Dominicains, né vers la fin du XIIe siècle, de l'illustre famille des comtes d'Eberstein, en Saxe, fui élevé chrétiennement et montra, dès son enfance, une tendre compassion pour les pauvres. Il ne leur refusait jamais l'aumône, el, comme un autre saint Martin, il se dépouillait de ses propres vêtements pour les secourir, lorsqu'il n'avait plus rien autre chose à leur donner ; aussi Jésus-Christ daigna-t-il lui marquer d'une manière miraculeuse combien celte charité lui était agréable. Jourdain étant venu achever ses études à l'université de Paris, qui était alors la première école de l'Europe, il sut allier les exercices de la piété à son application aux sciences, et il assistait toutes les nuits à l'office divin dans l'église de Notre-Dame, sans que ni les ténèbres delà nuit ni les rigueurs de l'hiver pussent jamais l'en empêcher. Lorsque saint Dominique vint à Paris, en 1219, Jourdain, qui n'était encore que sous-diacre, le pria de l'admettre dans l'ordre qu'il venait de fonder, et il en devint bientôt un des membres les plus distingués. Le saint fondateur étant mort en 1221, le mérite de Jourdain le fil élire supérieur général, malgré sa jeunesse, et il gouverna pendant quinze ans sa nombreuse famille, avec une sagesse et une prudence consommées. Il acheva et perfectionna les règles de l'ordre auxquels saint Dominique n'avait pas eu le temps de mettre la dernière main : il ne contribua pas moins que le saint fondateur aux succès immenses que les Frères Prêcheurs obtinrent dans tous les pays chrétiens. Il avait un don particulier pour calmer les âmes les plus affligées.
Étant arrivé à Bologne où se trouvait un jeune religieux qui était entré témérairement dans l'ordre, et qui regrettait sans cesse le monde, les biens et les plaisirs qu'il avait qu’il n'eut pas plutôt connu la situation déplorable de cet infortuné, dont la vie se consumait dans les regrets et la tristesse, qu'il le fit venir, et lui dit avec bonté : Je vais vous remettre entre les mains de vos parents, si vous continuez à le demander ; mais auparavant nous allons faire une courte prière ensemble. Le novice consentit volontiers à passer un quart d'heure avec lui devant le Saint-Sacrement, et il n'en fallut pas davantage pour guérir ses peines, lui rendre ta paix et l'affermir dans sa vocation à laquelle il resta fidèle tonte sa vie. Un antre religieux dut également aux avis et aux prières du bienheureux Jourdain la dissipation du trouble que causait dans son esprit la crainte des jugements de Dieu. Il établit dans son ordre la pieuse coutume de chanter, tous les jours après les compiles, le Salve Regina, coutume qui s'est depuis répandue dans tonte l'Eglise. Il allait ordinairement passer le carême à Paris ou à Bologne, deux villes qui possédaient une université célèbre, et les étudiants venaient en foule entendre ses prédications, dont le succès était tel que beaucoup de ces jeunes gens quittaient généreusement le monde pour se consacrer à Dieu. Le bienheureux comptait tellement sur leurs dispositions que tous les ans il faisait préparer d'avance des habits de novices, qu'on distribuait ensuite aux postulants, à mesure qu'ils se présentaient.
Les principaux membres de l'ordre s'étant plaints qu'il recevait un trop grand nombre de sujets et avec trop de facilité ; que plusieurs d'entre eux n'annonçaient pas assez de capacité pour remplir convenablement les devoirs de l'état qu'ils prétendaient embrasser, il leur répondit : Ne méprisez aucun de ces petits ; je vous promets que tous ou presque tous prêcheront un jour avec fruit et travailleront au salut des âmes plus utilement que d'autres dont nous estimons les talents et le mérite ; et sa prédiction fut vérifiée par l'événement. S'étant embarqué pour aller visiter les saints lieux ainsi que les couvents de son ordre établis en Palestine, le vaisseau fut assailli sur mer par une tempête furieuse, et le bienheureux Jourdain périt dans le naufrage, le 13 février 1237. Son corps, recueilli par les Dominicains de Ptolémaïde, fut inhumé dans leur église, et le pape Léon XII approuva, en 1828, le culte qu'on lui rendait de temps immémorial dans son ordre. Il avait composé des Commentaires et des Sermons qui ne sont pas parvenus jusqu'à nous, ainsi qu'une Chronique des commencements de l'Ordre des Frères Prêcheurs. Il est aussi l'auteur de l'office de saint Dominique dont il sollicita la canonisation, et il l'obtint en 1234.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

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