dimanche 6 février 2011

JOSEPH DE LEONISSA

Religieux capucin, Saint
1556-1612

4 février

Ce Saint naquit en 1556, dans la petite ville de Léonissa, près d'Otricoli, qui était de l'Etat ecclésiastique. A l'âge de dix-huit ans, il fit profession dans le couvent que les Capucins avaient dans le lieu de sa naissance, et changea son nom à Eufranius en celui de Joseph. Il fut toujours un modèle accompli de douceur, d'humilité, de patience, de chasteté et d'obéissance. La vivacité de sa ferveur rendait très-méritoires toutes ses actions, même celles qui paraissent les plus indifférentes aux yeux du monde. Trois jours de la semaine, il ne prenait que du pain et de l'eau pour toute nourriture : il passa aussi plusieurs carêmes de la sorte. Il couchait sur des planches, n'ayant qu'un tronc d'arbre pour chevet. Sa joie n'était jamais plus grande que lorsqu'il avait l'occasion de souffrir des injures et des mépris. Il se regardait comme le dernier des pécheurs, et avait coutume de dire à ce sujet : « Il est vrai que, par la miséricorde de Dieu, je ne suis pas tombé dans des crimes énormes ; mais j'ai si mal répondu à la grâce, que j'aurais mérité d'être abandonné plus qu'aucune autre créature. » Son zèle à crucifier le vieil homme avec tous ses désirs, avait préparé son âme à recevoir les faveurs extraordinaires que le Saint-Esprit communique aux Saints dans l'exercice de la prière et de la contemplation. Il avait une dévotion singulière à Jésus crucifié, et les souffrances de notre divin Sauveur étaient le sujet le plus ordinaire de ses méditations. H prêchait ordinairement un crucifix à la main ; et ses paroles qui étaient toutes de feu , embrassaient de l'amour sacré les cœurs de son auditoire.
En 1587, ses supérieurs l'envoyèrent dans la Turquie, pour travailler, en qualité de missionnaire, à l'instruction des chrétiens de Péra, qui est un faubourg de Constantinople. Il se dévoua avec une charité vraiment héroïque au service des galériens, surtout pendant les ravages d'une peste horrible. Ayant été lui-même attaqué de cette cruelle maladie, Dieu lui rendit la santé pour le bien d'une grande multitude d'âmes. Il convertit plusieurs apostats, dont un était pacha. Les mahométans, furieux du succès de ses prédications, le firent mettre en prison par deux fois, et le condamnèrent à mort. Ils le pendirent à un gibet, par un pied et par une main, et le laissèrent longtemps en cet état. A la fin pourtant on le détacha, et le sultan commua en exil la sentence de mort. Le Père Joseph s'étant embarqué pour l'Italie, prit terre à Venise, et arriva à son couvent après une absence de deux ans. De retour dans sa patrie, il recommença ses travaux apostoliques, et le ciel continua de les bénir comme il avait déjà fait. Notre Saint fut affligé, vers la fin de sa vie, d'un horrible cancer, qui lui causa les plus vives douleurs. Il souffrit deux fois les opérations des chirurgiens, sans pousser le moindre soupir. Il tenait pendant tout ce temps-là un crucifix dans ses mains, et ne faisait entendre que ces paroles : « Sainte Marie, priez pour nous, misérables pécheurs. » Quelqu'un des assistants ayant proposé de le lier durant l'opération, il dit en montrant le crucifix : « Voilà le plus fort de tous les liens ; il me tiendra immobile beaucoup mieux que toutes les cordes. » Sa maladie étant sans remède, il mourut le 4 Février 1612.
Son nom se trouve on ce jour dans le martyrologe romain que Benoît XIV a publié. Il fut béatifié par Clément XII, en 1737, et canonisé en 1746 par Benoit XIV.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

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