samedi 5 février 2011

JEANNE DE VALOIS

Reine de France, Veuve, tertiaire,
fondatrice de l'Ordre Royal de L'Annonciade, Bienheureuse

(1464-1505)

4 février

Le cycle liturgique nous présente aujourd'hui une sainte qui fut petite-fille du saint roi Louis IX, petite-nièce de la bienheureuse Isabelle de France, cousine de saint Louis, évêque de Toulouse, de la bienheureuse Louise de Savoie et de la bienheureuse Marguerite de Lorraine qui fut aussi sa contemporaine et son amie. Née le 23 avril 1464, à Nogent-le-Rotrou, près de Chartres, cette princesse devait passer sa vie clouée à la Croix. Son père, le roi de France Louis XI, dont les nobles buts, ont souvent été poursuivis par des moyens injustes et cruels, ne vit sa naissance qu'avec déception. Déjà père d'une fille, Anne de Beaujeu, il avait prescrit à ses sujets des prières publiques pour obtenir un fils ; le Ciel lui donna une sainte. Furieux d'avoir une fille, et une fille difforme, presque bossue, il ne la traita qu'avec dureté, et s'oublia un jour jusqu'à chercher à lui donner la mort avec sa propre épée. L'enfance de Jeanne ne connut que le chagrin ; tantôt, elle vécut seule avec sa mère, Charlotte de Savoie, méprisée elle-même par son mari, versant ensemble d'abondantes larmes ; tantôt reléguée chez un précepteur où elle connut un état voisin de la misère. Âgée de 12 ans, son père lui intima l'ordre inexorable d'épouser son cousin le duc d'Orléans, le futur Louis XII. Jeanne, qui avait un attrait très vif pour la virginité, dut obéir aux ordres paternels, elle le fit avec un cœur soumis. Le duc d'Orléans estimait la vertu et les talents artistiques de sa jeune fiancée mais jamais, lui, qui était beau à l'excès, actif, hardi, bref l'un des plus gentils princes qui fut, il ne donna son cœur à celle que ses difformités physique éloignaient de lui. Seule, la terreur, née des menaces injustes de Louis XI, le força à donner, d'une façon extérieure seulement, sa foi, à une princesse, qu'il ne visitait que deux fois l'an et encore pour ne pas déplaire à son royal et terrible beau-père. En 1498, à la mort de Charles VIII, fils de Louis XI, l'époux de Jeanne devint Roi de France sous le nom de Louis XII. Huit mois après, il demanda et obtint l'annulation d'un mariage qui n'avait jamais existé, son libre consentement ayant toujours fait défaut. Quand son confesseur, le Bienheureux Gabriel, Franciscain, annonça à Jeanne la terrible nouvelle, elle répondit simplement : “très bien, mon Père, vous venez m'annoncer que je ne suis plus reine de France, si cela est, louons-en Dieu”. On lui en conserva cependant le titre et en 1499, Louis XII la créa duchesse de Berry. Elle alla donc résider à Bourges, et fit si bien que non seulement cette province devint l'une des plus pieuses du royaume, de son vivant, mais après sa mort, elle obtient du ciel que jamais le calvinisme n'y puisse prendre racine. Après tant d'amertumes et par suite de la violence qu'elle s'était imposée, elle tomba malade, mais la Reine du Ciel l'assista, elle eut toujours en effet une très grande dévotion envers la mère de Dieu. Déjà en 1470, elle n'avait que six ans, tandis que des prières d'actions de grâces se faisaient à Notre -Dame de Paris, à l'occasion de la naissance de son frère Charles, Jeanne fut plongée dans un ravissement et s'adressant à Marie lui dit : “Enseignez-moi comment je puis vous servir et vous louer dignement”. “Ma fille, répondit la mère de Dieu, avant de mourir tu fonderas un Ordre religieux en mon honneur. C'est le plus grand plaisir que tu puisses faire à mon Fils et à moi”. Plus tard, la duchesse de Berry, eut une autre vision : “Fais mettre dans la Règle, lui dit la Reine du Ciel, tout ce que tu trouveras écrit dans l'Évangile à mon sujet, et fait approuver cette Règle par le Souverain Pontife”. Le Bienheureux Gabriel rédigea cette Règle, tirée du 1er chapitre de l'Évangile selon saint Luc, ou brillent d'un vif éclat les dix principales vertus de la très Sainte Vierge ; elle en demanda ensuite l'approbation à Rome, mais elle se buta à de grandes difficultés ; Dieu aplanit les voies en envoyant une vision au cardinal Ferrera, l'un des plus opposés à l'éclosion d'un Ordre nouveau. Le 14 février 1501, le Pape Alexandre VI publia la bulle approuvant l'Annonciade : ainsi était nommée la nouvelle fondation, car le mystère de l'Annonciation en devait être le titulaire. Les Bourbons ne sont plus sur le trône de France, mais les Annonciades existent encore, fidèles aux exemples de leur sainte fondatrice et lui rendant plus de gloire que les générations de rois à qui, vraisemblablement, elle aurait donné naissance, si elle eut été une privilégiée du monde. Deux ans après la promulgation de la bulle papale, le jour de la Pentecôte 1503, notre Bienheureuse prononçait ses vœux de religion, et le 4 février 1505, elle prenait possession du trône céleste, d'où personne ne la fera jamais descendre. Benoît XIV a approuvé son culte en 1742 ; son office sera célébré chez les Frères Mineurs, et dans plusieurs diocèses de France.
Tiré des Fleurs Franciscaines Série 1 page 82-86 – 14 Fév. 1464-1505

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