samedi 5 février 2011

GIACINTA MARESCOTTI

Religieuse, Mystique et thaumaturge, Bienheureuse
1585-1640

30 janvier

La fille de Marcantonio de’ Mariscotti et de Ottavia Orsini naquit à Vignanello en 1585. Sa grande sœur était déjà religieuse, au couvent de Saint Bernardin à Viterbe, mais la jeune fille ne manifestait aucune inclinaison pour la vie de clôture. Bien au contraire, elle aimait les fêtes, où elle pouvait donner libre cours à sa beauté personnelle et à son élégance.
Le papa, préoccupé par ces tendances mondaines, eut l'idée de l'enfermer au couvent, avec sa sœur clarisse. Dans ces conditions, on se serait cru immergé dans un de ces drames habituels de la "religieuse forcée" et l'on pourrait craindre que notre moniale de Viterbe devienne la sœur de la fameuse Religieuse de Monza.
En entrant au couvent, la jeune Clarice se choisit un joli nom de fleur et s'appela sœur Giacinta (Jacinthe). Elle n'en fit pas une tragédie, mais elle ne promit pas non plus de changer vraiment son style de vie.
“Me voici religieuse, dit-elle à son père la première fois que celui-ci lui rendit visite au parloir, mais j'ai bien l'intention de vivre selon ma condition sociale”.
Elle exigea une chambre pour elle toute seule, avec des meubles de luxe. Elle eut besoin de repas spéciaux, de récréations certes honnêtes, mais pas du tout dignes du cloître. Pendant dix ans, elle vécut dans le monastère comme une jeune fille noble ; bonne, mais pas ascétique ; pieuse, mais pas mystique. Et voilà qu'un jour elle ressentit une petite indisposition. On lui envoya le confesseur dans sa chambre. Le religieux, voyant un tel luxe, refusa d'entendre la confession de cette religieuse mondaine. “Le Paradis, lui dit-il, n'est pas fait pour les orgueilleuses et les vaniteuses”.
“Et alors, répliqua la jeune religieuse, on m'aurait envoyée au couvent pour ma damnation ?”
“Vous devez changer de comportement, dit le religieux, et réparer le mauvais exemple que vous avez donné à vos Consœurs”.
Blessée par ces paroles, Sœur Giacinta versa des larmes abondantes. Puis, elle pris à la lettre ce que lui avait dit le religieux. Elle voulut réparer le mauvais exemple, en devenant non seulement une religieuse parfaite, mais aussi une sainte Clarisse.
Son orgueil fit place à la patience, l'ambition à l'humilité. Sa dévotion devint vive et fervente. Sa charité, pleine de délicatesse infiniment douce, se déversa non seulement sur les Consœurs, mais aussi sur la population de Viterbe, qui reçut des secours de la Sœur Giacinta en toute circonstance.
C'est elle qui institua la dévotion des Quarante heures (ndt : Adoration du Saint Sacrement), durant les trois derniers jours du carnaval, et ce pour invoquer la grâce divine sur toutes les créatures déviées par les divertissements, comme elle l'avait été précédemment, elle qui finalement avait trouvé sa pleine signification à sa vie et la joie parfaite de son existence.
Autour de Sœur Giacinta fleurirent, outre les fleurs de la charité, celles du miracle. Elle fut favorisée du don de prophétie. A Viterbe, la cité de sainte Rose, notre sœur devint "Sainte Giacinta", et à sa mort, en 1640, toutes les cloches de la ville sonnèrent à toute volée, et tous les cœurs furent remplis d'émotion à l'idée de la naissance au ciel de cette nouvelle fleur de sainteté.
Bruno Kiefer

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