dimanche 13 février 2011

EUSTOCHIUM DE PADOUE

(Lucrèce Bellini)
Religieuse, Bienheureuse
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13 février

Il y a des vies de saints qui semblent irréelles, voire appartenir à la “Légende dorée”. Celle-ci en est une. Non point qu’elle soit remplie d’invraisemblables descriptions et miracles, mais parce que la vie de cette bienheureuse est elle-même une succession de choses si extraordinaires que l’on aurait presque envie de ne pas y croire. Et pourtant, c’est une réalité : elle bel et bien existé et vécut dans notre monde, dans une période certes particulière, mais aussi remplie d’autres saints et saintes de Dieu qui ne doivent rien au hasard ni à la bienveillance des historiens.
Lisons plutôt :
Elle était fille d'une religieuse de Padoue qui avait eu un moment d'égarement dans sa vie monastique.
Devant la femme adultère que les juifs voulaient lapider, Jésus ne dit rien, mais écrivit par terre, sur le sable de l’endroit où Il se trouvait alors, quelques mots et, un à un “en commençant par les plus âges”, tous ceux qui voulaient lapider la femme, s’en sont allés. Faisons-en autant envers cette religieuse qui, malgré son péché, fut l’instrument qui donna à l’Église une nouvelle bienheureuse.
Le fruit de son péché reçut le nom de Lucrèce Bellini. Était-ce le nom du père ? Nul ne le sait, mais ce qui est vrai, c’est que cette fillette, dont nul ne voulait prendre soin, finit, avec le temps, par devenir à son tour religieuse : elle n’avait alors que 17 ans.
Consciente de son état de “fille du péché”, Eustochium de Padoue — c’est sous ce nom qu’elle est passée à la postérité — se sentait possédée du démon et souffrit les mauvais traitements infligés à cette époque aux possédés : emprisonnée, nourrie de pain et d'eau seulement, humiliations et brutalités, que malheureusement l’Église d’alors cautionnait. Elle vécut tout cela avec patience et humilité.
Peut-être, grâce à cette “patience et humilité”, la “malheureuse” enfant put faire sa profession religieuse et être par la même occasion considérée comme une sœur parmi d’autres sœurs, ce qui ne semble pas avoir été le cas, car elle continua enfermée dans le “secret”, comme une possédée qu’elle était, mais, comme toujours le Seigneur veille et, ô surprise inouïe : lorsqu'elle mourut à vingt-quatre ans, on découvrit sur sa poitrine le nom de Jésus qui s'y était gravé.
Elle fut béatifiée longtemps après sa mort, par le Pape Clément XIII, le 22 mars 1760.
Elle est toujours vénérée à Padoue.

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