jeudi 10 février 2011

AUSTREBERTE DE PAVILLY

Vierge, Abbesse, Sainte
ca. 630-703

10 février

Austreberte, naquit vers l'an 630, dans le territoire de la ville de Thérouane, qui était anciennement capitale d'une partie de l'Artois. Elle était fille de Badefroi, comte palatin, c'est-à-dire, seigneur de la cour, et un des premiers officiers de la maison du Roi Dagobert I. Sa mère, nommée Framechilde ou Frameuse, était de la famille des Rois Allemands. L'Eglise a rendu témoignage à sa sainteté, en l'honorant d'un culte public.
Notre Sainte n'eut de goût, dès sa jeunesse, que pour les pratiques de piété ; elle montrait surtout une ferveur incroyable dans la prière et l'exercice de la méditation. Son amour pour la virginité la porta à refuser un établissements- conforme à son illustre naissance. Elle n'eut pas plus tôt su que son père pensait efficacement à la marier, qu'elle alla trouver saint Omer, évêque de Thérouane, pour lui communiquer son dessein. Le saint prélat, après s'être assuré de la vocation de la jeune Austreberte, lui donna le voile, et reçut le vœu de virginité perpétuelle qu'elle fit entre ses mains, il la remit ensuite à ses parents, qui lui laissèrent la liberté de mener chez eux le genre de vie qu'exigeait l'état des vierges consacrées au Seigneur.
Quelque temps après, Austreberte voulut rendre son sacrifice complet, en se retirant dans un monastère, et en joignant les vœux de pauvreté et d'obéissance à celui de chasteté : c'est ce qu'elle fit, du consentement de ses parents, dans l'abbaye de Port, bâtie sur la Somme, un peu au-dessous d'Abbeville ; là, elle donna l'exemple de toutes les vertus monastiques. Il n'y avait point de sœur qui portât plus loin qu'elle l'amour de la mortification. Son humilité surtout était extraordinaire ; elle s'abaissait non-seulement devant la supérieure, mais même devant la dernière personne de la communauté. Cette humilité ne souffrit aucune atteinte lorsqu'elle eut été élue prieure.
Vers ce temps-là, saint Philebert, abbé de Jumièges, fonda un monastère de filles à Pavilly, dans le pays de Caux. L'emplacement et les fonds nécessaires lui avaient été donnés par Amalbert, seigneur du lieu. Ce Seigneur offrit au saint fondateur sa fille Aurée, qui reçut le voile dans le nouveau monastère. Les religieuses de Pavilly, qui étaient au nombre de vingt-cinq, avaient besoin d'une abbesse qui réunit une prudence consommée à une vertu éminente. Saint Philebert jeta les yeux sur Austreberte, prieure de Port. Les deux moines qu'il avait envoyés n'ayant pu la déterminer à sortir de sa communauté, il l'alla trouver lui-même, et vint à bout de vaincre sa résistance. Il l'emmena donc à Pavilly avec deux autres religieuses de Port. Ce fut saint Ouen qui la bénit, et qui l'établit première abbesse du monastère nouvellement fondé.
Austreberte s'appliqua entièrement à sa sanctification, ainsi qu'à celle de ses sœurs. Quelques contradictions qu'elle eut à essuyer, ne servirent qu'à mettre sa vertu dans un plus grand jour. Elle alliait dans le gouvernement la douceur à la fermeté. Dure à elle-même, elle était pleine de bonté pour ses religieuses. Ses discours avaient un charme secret qui portait dans les cœurs la paix, la componction et la ferveur. Elle n'exigeait rien qu'elle ne le fît la première ; elle allait même beaucoup au-delà de ce qu'elle prescrivait aux autres."La qualité d'abbesse ne l'empêchait pas de saisir toutes les occasions de pratiquer l'obéissance ; le trait suivant montrera combien elle chérissait cette vertu. Une nuit que les religieuses s'étaient recouchées après matines, Austreberte visita le dortoir pour examiner si tout était dans Tordre ; le bruit qu'elle fit éveilla la prieure. Celle-ci, qui crut que c'était une simple religieuse, la reprit de manquer à la règle, et lui ordonna d'aller par pénitence prier devant la croix plantée dans le cloître. Austreberte obéit sans répliquer, et demeura le reste de la nuit au pied de la croix ; mais la prieure reconnut sa méprise en se rendant le matin à l'église avec les autres sœurs ; elle s'approcha de son abbesse, et lui demanda un pardon, qui lui fut aisément accordé.
Cependant le monastère de Pavilly répandait de toutes parts la bonne odeur de Jésus-Christ. On s'empressait d'y accourir de tous côtés. On voyait des pères et des mères offrir à l'envi leurs enfants à la sainte abbesse. D'autres personnes, touchées de ses exemples, embrassaient la pratique des conseils évangéliques. Enfin la Sainte fut attaquée d'une fièvre qui lui annonçait une mort prochaine. Elle se fit porter aussitôt dans le lieu où s'assemblait la communauté, et y parla avec beaucoup d'onction des principales vérités du salut. Les jours suivants, elle ne s'entretint qu'avec Dieu, excepté que de temps en temps elle donnait encore à ses sœurs les instructions qu'elle leur croyait nécessaires. Sentant à la fin que sa dernière heure approchait, elle reçut le saint viatique ; puis, après s'être munie du signe de la croix, elle rendit tranquillement l'esprit. Sa bienheureuse mort arriva le 10 Février 703, selon la tradition du monastère de Montreuil sur-Mer, en Picardie.
Son corps fut enterré dans l'église du monastère de Pavilly, où l'on voyait encore son tombeau, et fut honoré de plusieurs miracles. Trente ans après, on le leva de terre pour l'exposer à la vénération publique. La plus grande partie des reliques de sainte Austreberte était autrefois à l'abbaye de Montreuil ; il y en a aussi quelques parcelles à Pavilly, et dans d'autres paroisses voisines. Le nom de notre Sainte se trouve en ce jour dans le martyrologe romain.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

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