samedi 5 février 2011

ANSCHAIRE DE CORBIE

Archevêque, Saint
+ 865

3 février

Anschaire, moine de la vieille Corbie en Picardie, passa dans la nouvelle, que S. Adélard avait fondée en Saxe. Il y fut chargé d'enseigner les lettres, d'instruire le peuple, et de prêcher publiquement dans l'église : fonctions dont il s'acquitta avec autant de piété que de succès. Harold ou Hériold, prince de Danemark, ayant reçu le baptême à la cour de l'empereur Louis le Débonnaire, chez lequel il s'était réfugié, demanda quelques missionnaires zélés pour l'accompagner dans son pays. On lui donna notre saint, qui ne soupirait qu'après l'accroissement du règne de Jésus-Christ. Anschaire prêcha la foi, premièrement aux Danois, puis aux Suédois, et enfin aux peuples qui habitaient le nord de l'Allemagne. Le Seigneur répandit tant de bénédictions sur son ministère, qu'un grand nombre d'idolâtres embrassèrent le christianisme. Le pape Grégoire IV le nomma, en 83a, légat du Saint- Siège et archevêque de Hambourg. Après la ruine de cette ville, qui fut pillée et brûlée par les Normands, en 845, Anschaire travailla de toutes ses forces à consoler et à soutenir dans la vraie foi son troupeau dispersé par les barbares. Le siège de Brème étant devenu vacant en 849, le pape Nicolas le réunit à celui de Hambourg, et confia à notre saint le gouvernement des deux églises.
Anschaire, en quittant le Danemark et la Suède, y laissa des missionnaires tirés de la nouvelle Corbie, pour cultiver le champ qu'il avait défriché. Mais tous les soins de ces ouvriers évangéliques ne purent empêcher les peuples de ces deux royaumes de retomber dans l'idolâtrie. Le triste état de cette Eglise naissante demandait le retour de son fondateur. Anschaire reparut donc dans le Danemark, où, avec la protection du roi Horic, il vint à bout de faire refleurir la religion chrétienne. Son zèle rencontra plus de difficultés en Suède. Olas, prince superstitieux, voulut que lé Sort décidât si le libre exercice du christianisme serait permis dans ses Etats. Le saint évêque, qui ne voyait qu'avec peine la cause de Dieu soumise au caprice du hasard, recommanda du moins au ciel l'issue d'une décision si bizarre. Les choses tournèrent comme il l'avait désiré, c'est-à-dire au désavantage du paganisme. La lumière de l'Evangile n'eut pas plus tôt brillé, qu'il se convertit une multitude prodigieuse. Anschaire fit bâtir plusieurs églises, qu'il pourvut d'excellents pasteurs avant que de retourner à Brème.
Craignant j comme S. Paul, d'être réprouvé après avoir prêché Jésus-Christ aux autres, il réduisait son corps en servitude par la pénitence et la mortification. Il portait le cilice, et ne se nourrissait communément que d'eau et de pain. Jamais il n'entreprenait rien sans avoir imploré auparavant le secours du ciel. Quoiqu'il possédât le talent de la parole dans un degré supérieur, il n'attendait; que de Dieu le succès de ses prédications. Sa charité pour les pauvres ne connaissait point de bornes ; et son plus grand plaisir était de leur laver les pieds et de les servir à table. Il avait toujours ardemment désiré le martyre, et il était persuadé que ses péchés seuls lui avaient tari la gloire de verser son sang pour Jésus-Christ. Dans la vue de s'exciter à la componction et à l'amour de Dieu il s'était fait Un recueil de passages fort touchants, dont il mit une partie à la fin de chaque psaume. Il mourut à Brème, en 865 à la soixante-septième année de son âge, et à la trente-quatrième de son épiscopat; il s'opéra plusieurs miracles par son intercession. Son nom fut inséré dans les Martyrologes peu de temps après sa mort.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.

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