samedi 5 février 2011

ANDREA CARLO FERRARI

Archevêque, Cardinal, Fondateur, Bienheureux
1850- 1921

2 février

Andrea Carlo (André Charles) Ferrari naît en août 1850 au lieu-dit Lalatta dans la commune de Prato Piano au diocèse de Parme en Italie. Ordonné prêtre en 1873, il est professeur de mathématique et physique au séminaire de Parme où il a lui-même étudié et dont il devient vice-recteur puis recteur. Il est nommé évêque de Guastalla en 1890, puis de Côme. En 1894, Léon XIII le crée cardinal et le nomme archevêque de Milan. Il restera 27 ans à la tête du diocèse jusqu’à sa mort. Il a une activité pastorale intense et il pense qu’il ne suffit pas d’attendre passivement que les fidèles viennent à l’église, mais qu’il faut aller au-devant d’eux, à la manière du Christ, en parlant leur langage. A quatre reprises, il visite son grand archidiocèse, se rendant parfois à dos de mulet et à pieds dans les localités les plus lointaines et les plus difficiles d’accès, où l’on n’avait pas vu un évêque depuis des temps immémoriaux. « Saint Charles est revenu » dit-on (saint Charles Borromée, évêque de Milan au XVIe siècle connu pour son zèle pastoral dans l’application du Concile de Trente). Il a une grande activité sociale qui finit par se focaliser dans une œuvre, existant encore de nos jours : la Compagnie de Saint Paul, appelée aussi “Œuvre Cardinal Ferrari”. C’est une Maison du Peuple qui rassemble l’apostolat des laïcs et les œuvres d’assistance : cantines pour travailleurs, missions ouvrières, maison de l’enfant, réinsertion des prisonniers, pèlerinages de masses, presse catholique (création d’un journal). Il est un des premiers évêques à mettre en application l’encyclique de Léon XIII ‘Rerum novarum’. Issu lui-même d’un milieu modeste, il parle haut face aux patrons d’ateliers ou aux propriétaires de latifundia, demandant qu’on respecte en chaque homme l’image de Dieu. En somme, sa grande intuition est l’apostolat des laïcs. Mais le secret de son action infatigable est à chercher dans « sa vie intérieure fondée sur de profondes convictions théologiques, imprégnée par une tendre et filiale dévotion à la Vierge, centrée sur l’eucharistie et le crucifix » (Jean-Paul II). D’où sa patience héroïque dans la souffrance physique et morale.
Lors de la crise moderniste et de la lutte anti-moderniste qui s’ensuit, il se produit parfois des dénonciations à la légère, des soupçons infondés. Dès 1908, dans une lettre de carême, l’évêque parle de ceux qui voient partout des déviations ‘modernisantes’. Lui-même est inquiété (visite canonique, etc.) car des malentendus l’ont rendu suspect aux yeux même du pape saint Pie X. Il souffre jusqu’à ce que le malentendu soit dissipé, et le pape suivant, Benoît XV, fera son éloge.
Il dépense beaucoup d’énergie pour réaliser son projet de créer une université catholique à Milan et c’est une joie pour lui d’en voir un début de réalisation. Un de ses derniers actes officiels, alors qu’il est déjà sur son lit de mort, est d’approuver les statuts de l’université. La maladie qui doit l’emporter commence par un mal de gorge. Le 29 septembre, au milieu des douleurs lancinantes qui l’étouffent, il écrit dans son journal ces dernières paroles : « Que la volonté de Dieu soit faite toujours et partout ! »Il meurt le 2 février 1921. Son successeur sur le siège de Milan ne sera autre qu’un certain Mgr Achille Ratti, son ami et collaborateur, le futur Pie XI. Il fallait bien cela pour consoler les Milanais de la perte d’un si grand pasteur.

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