dimanche 6 février 2011

AMAND DE MAASTRICHT

Évêque, Saint
† 675

6 février

Ce Saint naquit aux environs de Nantes, de parents recommandables par leur piété, et qui étaient Seigneurs du pays. Il quitta le monde à l'âge de vingt ans, et choisit pour sa demeure un monastère de la petite île d’Oye, voisine de celle de Rhé. Il y avait à peine un an qu'il y goûtait les douceurs de la retraite, lorsqu'il se vit exposé à une tentation fort délicate. Son père l'ayant découvert, l'alla voir, et employa les raisons les plus pressantes pour le porter à sortir du monastère ; il le menaça même de le déshériter, s'il ne reprenait l'habit séculier : mais le Saint lui répondit respectueusement qu'il n'avait d'autre prétention que celle de vivre pour Jésus-Christ, qu'il avait choisi pour son unique partage. Il alla quelque temps après visiter le tombeau de saint Martin à Tours. L'année suivante, il se retira à Bourges, où il vécut près de quinze ans dans une petite cellule voisine de la cathédrale, sous la direction du saint évêque Austrégisile. Il y pratiqua tout ce que la pénitence a de plus austère, portant continuellement le cilice, et ne prenant pour toute nourriture que du pain d'orge et de l'eau. Il fit ensuite un pèlerinage à Rome, puis revint en France, où il fut sacré évêque en 628. On ne l'attacha à aucun siège particulier, et sa fonction devait être de prêcher la foi aux infidèles.
Le nouvel évêque ne s'occupa plus que des moyens de correspondre à la grâce de sa vocation. Il alla porter la lumière de l'évangile dans la Flandre, et chez les Slaves dans la Carinthie et dans les provinces voisines du Danube. Ayant été ensuite banni par le Roi Dagobert, qu'il avait généreusement averti de ses désordres, il employa le temps de son exil à instruire les Gascons et les Navarrais des mystères de notre sainte Religion. Sa disgrâce ne fut pas de longue durée ; Dagobert le rappela peu de temps après. Ce prince se jeta même aux pieds du Saint pour lui demander pardon, et le pria de baptiser le fils que Dieu venait de lui donner. Ce fils était saint Sigebert, qui mourut Roi d'Austrasie. Amand, toujours dévoré de zèle pour le salut des âmes, se chargea d'une mission dans le territoire de Gand. Les peuples qui l'habitaient étaient si barbares, qu'on ne trouvait point d'ouvriers évangéliques qui osassent aller chez eux : ce fut un motif de plus pour engager notre Saint à travailler à leur instruction. Il ne rencontra d'abord que des cœurs endurcis, et des esprits livrés à la plus grossière superstition ; on en vint même jusqu'à le battre et à le jeter dans l'eau : mais rien ne fut capable de déconcerter son zèle ; il continua ses prédications, quoiqu'elles ne produisissent aucun fruit, espérant toujours que le moment des miséricordes arriverait. Il ne se trompa point ; et Dieu, pour accélérer ce moment si attendu par le Saint, le favorisa du don des miracles. Le bruit s'étant répandu qu'il avait ressuscité un mort, les barbares renoncèrent à leurs superstitions, abattirent les temples de leurs idoles, et accoururent en foule pour recevoir le baptême. Notre Saint bâtit plusieurs églises en 633, et fonda deux grands monastères à Gand, l'un et l'autre sous l'invocation de saint Pierre[1]. Quelques années après, il en bâtit encore un autre à trois lieues de Tournai, sur la petite rivière d'Elnon, dont il prit le nom, et que l'on appelle aujourd'hui Saint-Amand, avec la ville qui s'y est formée.
Notre Saint fut élu évêque de Maastricht en 649 ; mais il ne resta pas longtemps sur un siège où il avait été élevé malgré lui. La vue de sa première vocation, jointe à l'espérance de faire plus de fruit hors de son diocèse, le détermina à donner sa démission de l'évêché de Maastricht, après l'avoir gouverné trois ans. Il désigna lui- même son successeur, qui fut saint Remacle, abbé de Cougnon. Libre désormais, il reprit ses travaux apostoliques, et consacra le reste de ses jours à la conversion des païens. Enfin, cassé de vieillesse et de fatigues, il se retira à l'abbaye d'Elnon, qu'il gouverna en qualité d'abbé, un peu plus de quatre ans, et mourut en 675, âge de quatre-vingt-dix ans. Il fut enterré dans l'abbaye de saint Pierre d'Elnon. Son culte était autrefois fort célèbre en Angleterre, puisqu'il a un office à neuf leçons dans le bréviaire de Sarum. Ses reliques étaient dans J'église de l'abbaye de son nom. Il est nommé en ce jour dans le martyrologe romain.
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints… – Traduction : Jean-François Godescard.
[1] L'un fut appelé Blandinberg, du mont Blandin sur lequel il était situé (ce fut depuis l'abbaye de saint Pierre) ; l'autre prit le nom de S. Bavon, de celui qui avait donné des fonds pour le bâtir. La ville de Gand ayant été érigée en évêché, l'église de ce dernier monastère en devint la cathédrale en 1558.

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