mercredi 26 janvier 2011

TIMOTHEE DE LYCAONIE

Disciple de S. Paul, Évêque, Martyr, Saint
I siècle

Saint Timothée, né d'un père gentil, et d'une mère juive nommée Eunice, était de Lycaonie, et probablement de la ville de Lystres. Eunice avait embrassé la religion chrétienne, ainsi que Loïde, grand'mère de Timothée, et saint Paul fait l'éloge de la foi de toutes les deux. Timothée s’appliqua, dès son enfance, à l'étude de l'Écriture sainte. Le témoignage avantageux que les frères d'Icône et de Lystres rendirent de lui à saint Paul, qui vint prêcher en Lycaonie l'an 51 de Jésus-Christ, engagea cet apôtre à le choisir pour le compagnon de ses travaux, à la place de saint Barnabé. Il le circoncit toutefois à Lystres, avant de s'en faire suivre : car, quoique les cérémonies légales n'obligeassent plus depuis la mort de Jésus-Christ, il fut pourtant permis de les observer comme une chose indifférente , jusqu'à la ruine de Jérusalem et du temple. Saint Paul avait encore d'autres raisons pour en agir de la sorte, 11 conciliait à son disciple l'estime des juifs, et leur montrait d'ailleurs qu'il n'était pas lui-même ennemi de leur loi. Ici saint Chrysostôme admire la prudence et la charité de saint Paul. Ne doit-on pas aussi admirer l'humble docilité avec laquelle le disciple se soumit à une cérémonie douloureuse qui n'était point de précepte ? Saint Augustin loue encore le zèle et le désintéressement de Timothée T qui ne balança point d'abandonner son pays, sa maison, son père et sa mère, pour suivre un apôtre dont il lui faudrait partager la pauvreté et les souffrances.
Saint Paul, après avoir circoncis Timothée, lui confia, par l'imposition des mains, le ministère de la parole, sans avoir égard à sa grande jeunesse, une vertu extraordinaire suppléant en lui au nombre des années. Depuis ce temps-là, il le regarda toujours non-seulement comme son disciple et son cher fils, mais comme son frère et le compagnon de ses travaux. Il l'appelle homme de Dieu, et dit aux Philippiens, que personne ne lui est aussi uni de cœur et de sentiments que Timothée. L'estime du maître prouve assez quel était le mérite du disciple, dont la vocation au ministère évangélique avait d'ailleurs été accompagnée de prophéties faites à son sujet.
Saint Paul étant sorti de Lystres, parcourut avec son disciple le reste de l’Asie, puis s'embarqua pour la Macédoine, l'an 52 de Jésus-Christ, et prêcha l'évangile à Philippes, à Thessalonique et à Bercée. La fureur des juifs l'ayant obligé de quitter cette dernière ville, u y laissa Timothée pour affermir les nouveaux fidèles dans la foi. Lorsqu'il fut arrivé à Athènes, il lui manda de l'y venir trouver ; mais sur la nouvelle que les chrétiens de Thessalonique souffraient une cruelle persécution, il l'envoya vers eux pour les consoler et les fortifier. Timothée revint trouver saint Paul, qui était pour lors à Corinthe, afin de lui rendre compte du succès de sa commission. Ce fut dans ce temps-là que l'Apôtre écrivit sa première épître aux Thessaloniciens. De Corinthe, saint Paul alla à Jérusalem, d'où il revint passer deux ans à Éphèse. Comme il avait formé le dessein de retourner dans la Grèce, il chargea Timothée et Eraste de le devancer en Macédoine, afin qu'ils fissent préparer les aumônes destinées au soulagement des chrétiens de Jérusalem.
Il donna ordre à Timothée en particulier d'aller ensuite à Corinthe, pour y corriger quelques abus, et pour rappeler aux fidèles la doctrine qu'il leur avait prêchée. Dans la lettre qu'il écrivit aux Corinthiens peu de temps après il leur recommandait fortement son cher disciple. Il attendit son retour en Asie, et le mena avec lui en Macédoine et en Achaïe. Timothée laissa l'Apôtre à Philippes, et le rejoignit à Troade. S. Paul, de retour en Palestine, fut mis en prison à Césarée; il y resta deux ans, après quoi il fut envoyé à Rome. Il paraît que Timothée était avec lui dans ce temps-là, puisqu'il est nommé conjointement avec lui à la tête des épîtres à Philémon, aux Philippiens et aux Colossiens, qui furent écrites dans les années 61 et 62. Timothée eut aussi le bonheur d'être emprisonné pour Jésus-Christ, et la gloire de confesser sa foi en présence d'un grand nombre de témoins; mais on le mit en liberté. Il fut ordonné évêque en conséquence d'une prophétie, et d'un ordre particulier du Saint-Esprit. Il reçut par l'imposition des mains la grâce du sacrement, et le pouvoir non-seulement de gouverner l'Église, mais encore de faire des miracles, avec d'autres dons extérieurs du Saint-Esprit. S. Paul étant retourné de Rome en Orient dans Tannée 64 de Jésus-Christ, laissa son disciple à Éphèse pour gouverner l'Église de cette ville, pour s'opposer à ceux qui semaient une fausse doctrine, pour ordonner des prêtres, des diacres, et même des évêques ; car il lui confia aussi le soin de toutes les églises d'Asie.
Saint Paul était encore en Macédoine, quand il écrivit sa première épître à Timothée. La seconde fut écrite de Rome un an après, c'est-à-dire, en 65. On y voit l'effusion d'un cœur plein de tendresse pour un fils bien-aimé. L’Apôtre, qui était alors dans les fers, conjure son cher disciple de venir le trouver à Rome, afin qu'il ait la consolation de le voir encore une fois avant de mourir. Il l'exhorte à ranimer cet esprit de courage, ce feu du Saint-Esprit dont il fut rempli le jour de son ordination ; il lui donne des avis sur la conduite qu'il devait tenir à l'égard des hérétiques de ce temps-là, et lui trace le caractère de ceux qui devaient s'élever dans la suite.
Nous apprenons de la première épître à Timothée, qu'il ne buvait que de l'eau : mais comme ses grandes austérités avaient altéré sa santé, et qu'il avait l'estomac très-faible, saint Paul lui ordonna de boire un peu de vin. Il dit un peu, remarquent les Pères, parce qu'il nous est utile que la chair soit faible, afin que l'esprit soit plus fort et plus vigoureux. Timothée avait peut-être alors 40 ans. Il est probable qu'il alla à Rome pour conférer avec son maître. H était évêque d'Éphèse, avant l'arrivée de saint Jean dans cette ville. Ce dernier y résidait comme un apôtre qui avait une inspection générale sur toutes les églises d'Asie. Saint Timothée a toujours été regardé comme le premier évêque d'Éphèse. Les anciens martyrologes lui donnent le titre de martyr.
Voici ce que nous lisons dans les actes de saint Timothée. Sous l'empire de Nerva, le 22 Janvier, 97 de Jésus-Christ, les païens célébrant une de leurs fêtes appelée Catagogie, dans laquelle ils portaient leurs idoles, assommèrent à coups de pierres et de massues Timothée, qui voulait s'opposer à leurs abominables superstitions.
Nous apprenons de saint Paulin, de Théodore lecteur, et de Philostorse, que les reliques de saint Timothée furent transférées solennellement à Constantinople en 356, sous le règne de Constance. Saint Paulin assure qu'il s'opérait un grand nombre de miracles dans tous les lieux où était la plus petite portion de ces reliques. Les corps de saint Timothée, de saint André et de saint Luc furent mis sous l'autel de l'église des apôtres à Constantinople. Les démons, dit saint Jérôme, témoignaient par leurs rugissements combien ils ressentaient leur présence. La même chose est confirmée par saint Chrysostôme.
Saint Timothée dut sans doute beaucoup aux exemples domestiques qu'il avait sans cesse sous les yeux ; mais ce fut principalement la lecture des livres saints qui lui inspira dès son enfance, et qui nourrit durant le cours de sa vie, cet esprit de religion et cet assemblage parfait de toutes les vertus qui le rendirent si cher au grand Apôtre. Saint Paul, en louant l'amour de son disciple pour la lecture et la méditation, le donna comme une preuve de sa piété, et de l'ardent désir qu'il avait de faire des progrès dans la divine charité. Lorsqu'il l'eut élevé au saint ministère, il lui recommanda toujours d'allier une lecture assidue aux autres exercices de la religion. En effet, un ministre de l'évangile, qui n'a pas de moments réglés pour s'examiner lui-même dans la retraite, pour vaquer à la lecture, à la méditation et a la pratique des autres exercices de piété, oublie le premier et le plus essentiel de ses devoirs, le soin de son âme. S'il laisse éteindre dans son cœur le feu sacré de la charité, comment pourra-t-il l'allumer dans le cœur des autres? Les mêmes exercices sont, jusqu'à un certain point, nécessaires dans tous les états. Comment, sans cela, conserver cet esprit de piété qui doit être l'âme de toutes nos actions, et sans lequel les fonctions même spirituelles manquent du principe qui les vivifie ?
SOURCE : Alban Butler : Vie des Pères, Martyrs et autres principaux Saints…– Traduction : Jean-François Godescard.

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