mercredi 26 janvier 2011

HENRI SUSO

Dominicain et écrivain mystique, Bienheureux
1300-1365
Le bienheureux Henri Suso naquit en Souabe. Dès son jeune âge, il entendit la voix de Dieu et s'ensevelit à treize ans dans un couvent de Dominicains. Les premières années de sa vie religieuse furent caractérisées par des hésitations continuelles dans le service de Dieu ; le démon tourmenta son cœur par la pensée des plaisirs et des vanités du monde, mais la grâce l'aida à triompher de tous ces pièges.
Henri Suso avait dix-huit ans quand la lumière se fit dans son âme. Un jour, il entendit lire ces paroles de Salomon : La Sagesse est plus éclatante que le soleil, Elle est plus belle que l'harmonie des Cieux. Aussi je L'ai aimée dès mon enfance, je suis l'adorateur de Ses charmes.
A dater de ce jour, plus que jamais il aima la divine Sagesse, dont le nom seul faisait éclater ses transports : « Mon cœur est jeune et ardent, se disait-il, il est porté à l'amour ; il m'est impossible de vivre sans aimer ; les créatures ne sauraient me plaire et ne peuvent me donner la paix ; oui, je veux tenter fortune et gagner les bonnes grâces de cette divine et sainte Amie, dont on raconte des choses si admirables et si sublimes ! »
Peu de Saints ont eu pour Jésus un amour plus vif et plus tendre. Un jour, il prit un canif, et, l'amour guidant sa main, il se lacéra la poitrine avec le tranchant, jusqu'à ce qu'il eût formé les lettres du saint nom de Jésus sur son cœur. Alors il s'écria : « O amour unique de mon cœur et de mon âme! Ô mon Jésus ! Voyez donc l'ardeur de ma passion pour Vous ; je Vous ai imprimé dans ma chair, mais je voudrais aller jusqu'au centre de mon cœur ; gravez-y Vous-même Votre saint nom avec des lettres éternelles qui ne s'effacent jamais ! »
Rien de plus admirable que la manière dont il sanctifiait ses actions : à table il s'imaginait être à côté de Jésus et reposer parfois sur Sa poitrine ; il offrait sa nourriture, il présentait son verre à Jésus-Christ ; le peu qui lui était nécessaire pour étancher sa soif, il le prenait à cinq fois, pour honorer les cinq plaies du Sauveur ; à chaque bouchée, il s'occupait à quelque sainte pensée. Sa vie entière fut un continuel ravissement, une perpétuelle jubilation d'amour.
Abbé L. JaudVie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950.

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