samedi 22 janvier 2011

GAUTIER DE BIERBECK

Militaire noble, Cistercien, Bienheureux
†1222

Ce fut à l'occasion d'un tournoi que Gautier de Bierbeck renonça pour toujours au siècle et se livra tout entier au service de Dieu sous la protection de la Sainte-Vierge, dont l'intercession lui avait valu plus d'une faveur du ciel. Il signala cette résolution en se rendant un jour dans une église placée sous l'invocation de la Mère du Seigneur. Là, la corde au cou, il se prosterna au pied de l'autel, jura une fidélité éternelle à cette puissante médiatrice, et, pour preuve de sa dévotion, il s'acquitta tous les ans d'une offrande en honneur de la Mère de Dieu. Aux veilles des fêtes de la Vierge, ainsi que les vendredis, il jeûnait toujours au pain et à l’eau, donnant d'ailleurs l'exemple de toutes les vertus chrétiennes ; aussi Dieu lui accorda le don des miracles.
Cependant pour pouvoir suivre avec moins de gène les inspirations de sa piété, il se fit recevoir à Hemmerode dans l'ordre de Cîteaux, qui était alors dans sa plus grande splendeur. On le chargea aussitôt, à cause de sa modestie et de sa profonde piété, de la réception des étrangers. Sa charité envers les pauvres allait si loin qu'il leur distribua souvent tout ce dont il pouvait disposer ; un jour en hiver il ôta ses souliers et les donna à un malheureux qu'il rencontra dans la rue. Il aimait la paix et se hâtait de porter des paroles de réconciliation partout où il savait que la discorde avait séparé les esprits. Il possédait à un haut degré le talent de dompter toute espèce de passion et de ramener par ses paroles et par son exemple les brebis égarées. Il parlait avec une onction particulière lorsqu'il s'agissait d'affermir les faibles contre la tentation et de les armer de courage et de persévérance, et il ne leur cachait pas les combats pénibles que lui-même avait à subir. Il possédait éminemment le don de la prière, et des larmes. Il aimait à prier debout, les yeux tournés vers le ciel ; et c'est à table, où ordinairement il se plongeait dans de profondes méditations sur le mystère de l’incarnation, qu'il répandait surtout d'abondantes larmes.
Gautier termina ses jours riches en vertu à Villers, abbaye de Cîteaux en Brabant, l'année 1222, et selon toute apparence le 22 Janvier. Dieu a honoré ses reliques par un grand nombre de miracles. On ne peut douter que son culte n'ait existé autrefois dans le Brabant, mais on ne sait pas s'il a été formellement canonisé.
Alban Butler : Vies des pères, des martyrs, et des autres principaux saints… traduction de Jean François Godescard.

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