mercredi 19 janvier 2011

EUSTOCHIA CALAFATO

Religieuse clarisse, Fondatrice, Sainte
1434-1485

Smeralda Calafato naît en 1434 à Messine en Sicile (Italie). C’est l’époque du mouvement de réforme de l’Ordre franciscain. Très marquée par cette spiritualité (car de célèbres franciscains viennent prêcher à Messine), sa mère l’éduque pieusement. Très jeune, on veut lui arranger un mariage, mais elle se réfugie chez les clarisses (ordre fondé par sainte Claire sur le modèle de la règle franciscaine). Ses frères, furieux, menacent de brûler le couvent et ramènent Smeralda à la maison, mais ensuite, constatant le sérieux de sa vocation, ils la laissent revenir chez les moniales. Elle entre en religion, en 1446, sous le nom de sœur Eustochia. Mais en fait, la supérieure, entraînant sa communauté, est contre le mouvement de réforme. Déçue, sœur Eustochia obtient la permission de vivre avec quelques autres selon la pauvreté primitive. Elles font un premier essai dans un hôpital délabré. À cause de l'effondrement du toit de l'église, les pauvres recluses sont contraintes de changer de domicile, puis elles s’établissent non loin de là au Mont de la Vierge, Montevirgine. Ainsi naît un nouveau couvent de clarisses dont elle est élue abbesse. Sa vie est marquée par une austère pénitence et dans son amour de Jésus-Christ, elle veut partager les souffrances de Celui qui est son Époux, allant jusqu’à lui demander : « O mon amour, ou bien retire-moi de cette vie, ou envoie-moi des souffrances, car je ne pourrais vivre autrement, étant donné que tu es mort pour moi au milieu de tant de peines. Je ne puis vivre sans toi ». Elle se distingue aussi par un grand amour de l’eucharistie, passant des heures entières à terre devant le Saint-Sacrement, mais se tenant à une certaine distance par respect et par conscience de son indignité. Quand elle communie, elle est secouée par les larmes. Son grand amour pour le Christ la pousse à contempler la vie de Jésus dans les Écritures, ainsi que dans les écrits de sainte Brigitte. Elle dit à ses sœurs : « Rappelez constamment à votre esprit les paroles douces comme le miel que le doux Seigneur nous adresse dans les Saintes Écritures ». Et elle est capable, des heures durant, de leur expliquer ‘toutes les déclarations du Seigneur’. Même amour enflammé pour sa ‘très douce Mère’. Sœur Eustochia est très attentive à la célébration des heures canoniales. Quand elle exerce les fonctions d'abbesse, elle ne donne pas des ordres péremptoires. Elle préfère faire appel à la bonne volonté de chaque religieuse en disant simplement: "Qui parmi vous voudra faire ceci?" Mais quand elle les voit tomber en quelque faute, elle en souffre et n'omet pas de les corriger avec affection.
Sa charité dépasse les frontières du monastère, comme l’explique bien le Pape dans son homélie : « De sa cellule du monastère de Montevergine, elle étendait sa prière et la valeur de ses pénitences au monde entier. Elle voulait ainsi être proche de tout frère, calmer toute douleur, demander pardon pour les péchés de tous. (…) Quand on adhère au Christ, on l’aime avec son Cœur même, lequel a une capacité de charité infinie. »
Sentant approcher l’heure de sa mort, Sœur Eustochia exhorte ses consœurs à l'exercice de la charité réciproque et à l'observance de la règle. Elle meurt en 1491 après avoir récité toute la nuit les versets de psaume qu’elle aimait. Sa charité envers tous les hommes et les miracles opérés sur sa tombe, ainsi que la conservation de son corps, font que la population l’a tout de suite adoptée et considérée comme sainte. En 1782, le pape Pie VI confirme son culte. En 1988, Jean-Paul II fait reprendre l’examen de sa cause et la canonise à Messine, dont elle est la patronne, devant une grande foule.

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