mardi 18 janvier 2011

DEICOLE DE LURE

Abbé, Saint
† 625

Ce Saint, vulgairement appelé saint Diel, naquit en Irlande ; mais il en sortit vers l'an 585, avec saint Colomban, son maître, qu'il suivit dans le royaume des Anglais orientaux ; il le suivit encore en France, et vécut sous sa conduite dans le monastère de Luxeuil. Quoique sa vie fût très austère, son extérieur n'avait rien de triste. La joie sainte de son âme rejaillissait sur son visage, au point que ceux qui le voyaient en étaient eux-mêmes tout pénétrés. S. Colomban lui ayant un jour demandé ce qui produisait cet air de contentement qu'on remarquait sans cesse en lui : « Il vient, répondit Déicole avec sa simplicité ordinaire, de ce que rien ne peut me ravir mon Dieu. »
Lorsque saint Colomban fut oblige de quitter la France en 610, son disciple se retira à Luthre, aujourd'hui Lure, dans le diocèse de Besançon, et à trois lieues de Luxeuil. Clotaire II, qui, par la mort de Thierri, avait réuni, en 613, le royaume de Bourgogne a ses états, y fonda un monastère pour Déicole vers l'an 616. Sa sainteté éminente et la multitude de ses miracles attirèrent h sa communauté la vénération de tout le monde, et la protection des princes.
Notre saint abbé se sentant accablé de vieillesse, fit élire en sa place saint Colombin, son filleul, et l'un des Irlandais qui étaient passés en France avec saint Colomban. A peine se vit-il déchargé du gouvernement du monastère, qu'il ne s'occupa plus que de l'exercice de la contemplation. Il passa le reste de ses jours dans une cellule écartée, où il fit bâtir une petite chapelle eu l'honneur de la Sainte-Trinité ; là, pour jouir de Dieu d'une manière plus pleine et plus parfaite, il vivait dans une entière séparation de tout commerce avec les hommes.
Quand il vit que sa fin approchait, il reçut le saint Viatique en présence de tous ses frères ; il leur fit ensuite un discours fort touchant, pour les exhorter à demeurer toujours unis par les liens de la charité, à rester inviolablement attachés à Dieu, et à persévérer dans l'exacte observance de leur règle. Il mourut entre les bras de saint Colombin, le 18 Janvier, vers l'an 625.
Son corps fut inhumé dans la petite chapelle de sa cellule, et il ne paraît pas qu'on l'ait jamais levé de terre. On trouve son nom au 18 Janvier dans plusieurs martyrologes, et surtout dans le romain.
Source : A. Butler : Vies des pères des martyrs et des autres principaux saints. Tome  1.

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