lundi 17 janvier 2011

ALEXANDRINA MARIA DA COSTA

PROFIL DE LA BIENHEUREUSE
laïque, de l’Union des Coopérateurs Salésiens (1904-1955)
Alexandrina Maria da Costa est née le 30 mars 1904 à Balasar, dans la province de Porto, Archidiocèse de Braga, et a été baptisée le 2 avril suivant, un samedi saint. Elle a été éduquée chrétiennement par sa maman, avec sa sœur Deolinda. Alexandrina est restée dans sa famille jusqu’à l’âge de sept ans, puis elle a été envoyée en pension à Póvoa de Varzim dans la famille d’un menuisier, pour pouvoir fréquenter l’école élémentaire car il n’y en avait pas à Balasar. Elle y fit sa première communion en 1911 et reçut le sacrement de la Confirmation de l’Évêque de Porto l’année suivante. Dix-huit mois plus tard, elle retourna à Balasar et alla habiter avec sa mère et sa sœur dans la localité dite “Calvário”, où elle resta jusqu’à sa mort.
Elle commença à travailler aux champs, ayant une constitution robuste, rivalisant avec les hommes et gagnant autant qu’eux. Sa jeunesse était très joviale ; douée d’un tempérament heureux et communicatif, elle était très aimée par ses compagnes. Elle tomba cependant malade à l’âge de douze ans et une infection grave (peut-être une fièvre typhoïde intestinale) la porta à un doigt de la mort. Elle surmonta ce danger, mais son physique en restera marqué pour toujours.
C’est à quatorze ans qu’un fait décisif se produisit dans sa vie. Le samedi saint 1918, elle travaillait à de la couture avec sa sœur Deolinda et une jeune apprentie quand elles s’aperçurent que trois hommes essayaient d’entrer dans leur chambre. Ils réussirent à forcer les portes et entrèrent, quoiqu’elles soient bien fermées. Alexandrina n’hésita pas à se jeter par la fenêtre, d’une hauteur de quatre mètres, pour sauver sa pureté menacée. Les conséquences en furent terribles, même si elles ne furent pas immédiates. En effet, les différentes visites médicales auxquelles elle fut soumise par la suite diagnostiquèrent toujours plus clairement un fait irréversible.
Elle put encore se traîner jusqu’à l’église jusqu’à ses dix-neuf ans, et elle y restait volontiers, entièrement épuisée, à la grande admiration de tous. Puis la paralysie progressa toujours davantage, jusqu’à ce que ses douleurs deviennent horribles, ses articulations perdant leurs mouvements, et elle resta complètement paralysée. Alexandrina se mit au lit le 14 avril 1925 pour ne plus se relever pendant les trente ans qui lui restaient à vivre.
Jusqu’en 1928, elle ne cessa de demander au Seigneur, par l’intercession de la Madone, la grâce de sa guérison, lui promettant qu’elle partirait comme missionnaire si elle guérissait. Mais quand elle comprit que sa vocation était la souffrance, elle l’accepta tout de suite. Elle dit alors : “Notre-Dame m’a fait une grâce encore plus grande. D’abord la résignation, puis la conformité complète à la volonté de Dieu, et enfin le désir de souffrir”.
Ses premiers phénomènes mystiques remontent à cette époque, quand Alexandrina commença une vie de grande union avec Jésus présent dans les Tabernacles, au moyen de la Très Sainte Vierge. Elle se trouvait seule un jour quand cette pensée lui arriva tout d’un coup : “Jésus, tu es prisonnier dans le Tabernacle et moi dans mon lit, par ta volonté. Nous nous ferons compagnie”. Sa première mission commença à partir de là : elle voulait être comme la lampe du Tabernacle. Elle passait ses nuits allant en pèlerinage de Tabernacle en Tabernacle. Elle s’offrait au Père Éternel à chaque Messe comme une victime pour les pécheurs, en même temps que Jésus, et selon Ses intentions.
L’amour envers la souffrance grandissait toujours davantage en elle, au fur et à mesure que sa vocation de victime se faisait sentir plus clairement. Elle fit alors le vœu de faire toujours ce qui était le plus parfait.
Du vendredi 3 octobre 1938 jusqu’au 24 mars 1942, c’est-à-dire 182 fois, elle vécut chaque vendredi les souffrances de la Passion. Surmontant son état habituel de paralysie, Alexandrina descendait de son lit et reproduisait les différents moments du Chemin de Croix avec des mouvements et des gestes accompagnés de douleurs terrifiantes, pendant trois heures et demi.
“Aimer, souffrir, réparer” fut le programme que lui indiqua le Seigneur. À partir de 1934  sur l’invitation du père jésuite Mariano Pinho qui la dirigea spirituellement jusqu’en 1941  elle mit chaque fois par écrit ce que lui disait Jésus.
En 1936, au moyen du père Pinho, elle demanda au Saint Père sur l’ordre de Jésus de consacrer le monde au Cœur Immaculé de Marie. Cette demande fut renouvelée plusieurs fois jusqu’en 1941, motif pour lequel le Saint-Siège interrogea par trois fois l’Archevêque de Braga au sujet d’Alexandrina. Pie XII consacra le monde au Cœur Immaculé de Marie le 31 octobre 1942, en faisant parvenir un message en portugais à Fatima. Il  renouvela cet acte à Rome dans la Basilique de Saint-Pierre le 8 décembre de la même année.
Alexandrina cessa de se nourrir à partir du 27 mars 1942, vivant seulement de l’Eucharistie. Son jeûne absolu et son anurie furent étroitement contrôlés en 1943 par des médecins de valeur pendant quarante jours et quarante nuits, à l’hôpital de la Foz do Douro près de Porto.
En 1944, son nouveau directeur spirituel, le père salésien Umberto Pasquale, l’encouragea à continuer à écrire son journal, après avoir découvert les hauteurs spirituelles où elle était parvenue ; ce qu’elle fit avec obéissance jusqu’à sa mort. Cette même année 1944, Alexandrina s’inscrivit à l’Union des Coopérateurs Salésiens. Elle voulut mettre son diplôme de Coopératrice “en un lieu où elle pouvait l’avoir toujours sous les yeux”, pour collaborer par sa douleur et par ses prières au salut des âmes, surtout celles des jeunes. Elle priait et souffrait pour la sanctification des Coopérateurs du monde entier.
Malgré ses souffrances, elle continuait en outre à s’intéresser au bien spirituel des paroissiens et de beaucoup d’autres personnes qui recourraient à elle, et à se préoccuper des pauvres. Elle promouvait dans sa paroisse des triduum, des quarante heures et des sermons de carême.
Surtout durant les dernières années de sa vie, beaucoup de personnes accouraient à elle, même de loin, attirées qu’elles étaient par sa réputation de sainteté ; et plusieurs attribuaient leur conversion à ses conseils.
Alexandrina fêta le vingt-cinquième anniversaire de son immobilité en 1950. Elle reçut le 7 janvier 1955 le présage que ce serait l’année de sa mort et elle voulut recevoir l’onction des malades le 12 octobre. Le 13 octobre, anniversaire de la dernière apparition de la Madone à Fatima, on l’entendit s’exclamer : “Je suis contente, parce que je vais au ciel”. Elle expira à 19,30.
On lit sur sa tombe les paroles qu’elle a voulu y faire mettre : “Pécheurs, si les cendres de mon corps peuvent être utiles pour vous sauver, approchez-vous, marchez dessus, piétinez-les jusqu’à ce qu’elles disparaissent, mais ne péchez plus, n’offensez plus notre Jésus !”. C’est la synthèse de sa vie dépensée exclusivement pour sauver les âmes.
À Porto, les fleuristes n’avaient plus de roses blanches dans l’après-midi du 15 octobre, car toutes avaient été vendues. Un bel hommage floral à Alexandrina, qui avait été la rose blanche de Jésus.
Alexandrina fut béatifiée par le Pape Jean-Paul II le 25 avril 2004 et sa fête liturgique fixée au 13 octobre, jour anniversaire de sa “naissance au ciel”
Le 25 avril 2004, à Rome, place Saint-Père, le Pape Jean-Paul II la béatifia solennellement. Sa fête étant fixée au 13 octobre.

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